Ce soir, plutôt que de regarder une connerie à la télé, prenez 1h20, cliquez juste sur play, mettez en plein écran et regardez… Et puis faite-vous votre opinion, parlez-en, critiquez, débattez….

Film Documentaire diffusé par Arte le 03 Décembre 2008
Titre : Vers un crash alimentaire
Réalisateurs : Yves Billy et Richard Prost

La tourmente financière débutée en 2008, a éclipsé les signes annonciateurs d’une autre crise, infiniment plus grave : Un crash alimentaire mondial. Pourtant, la récente flambée des prix agricoles a été un coup de semonce : jamais le monde n’avait affronté une crise alimentaire d’une telle ampleur. Mais les difficultés ne font que commencer. Aujourd’hui, près de 800 millions de personnes souffrent de la faim sur la planète et ce crash alimentaire pourrait faire gonfler ce chiffe horrible jusqu’au environs des 1,5 milliards, d’ici 2080.

Les raisons sont multiples: la hausse du prix des matières premières, la raréfaction de l’eau et des surfaces arables et les ravages causés par les dérèglements climatiques, l’explosion de la demande chinoise en céréales, le brusque développement biocarburants… A tout cela, s’ajoute la spéculation sur les matières premières agricoles comme le blé, maïs, colza, lait, soja, riz … qui fait grimper le prix des denrées alimentaires de base, en impactant directement des millions de personnes à travers le monde.

D’après le FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), les écarts de prix entre 2007 et 2008 sont impressionnants, les huiles végétales ont par exemple augmenté de 97 %, les céréales de 87 %, les produits laitiers de 58 % et le riz de 46 %. Ajoutez encore les dernières augmentations dues à l’envolée du prix du baril et donc du transport et nous assistons à des prix multipliés par 2 à 8 en seulement 10 ans.

Quant au productivisme agricole qui a épuisé les sols et pollué l’environnement, il a atteint ses limites…

Comme le montre l’enquête d’Yves Billy et Richard Prost, les difficultés ne font que commencer. Les stocks mondiaux de céréales n’assurent plus à la population mondiale qu’une avance de vingt jours d’alimentation, bien en deçà du niveau officiel de sécurité, fixé à soixante-dix jours. Est-il trop tard pour inverser la tendance ?