Fin décembre 2014, la municipalité d’Angoulême 2014 prend la décision de grillager les bancs publics pour déloger des SDF (article France Info).

Depuis quelques semaines, la mairie de Perpignan, elle, a décidé de supprimer progressivement les bancs publiques. L’idée est d’éviter par ce moyen les regroupements de marginaux et de sans-abris, souvent alcoolisés, qui seraient à l’origine de ces nuisances (article France Bleu).

Des municipalités qui portent, gravé sur leur façades, 3 mots… Les 3 mots fondateurs de notre société actuelle… Ces 3 mots que l’on connait tous par cœur…

J’ai du béton entre les orteils
Et les mains dans les ordures,
Alors je tire sur la bouteille
Pour rendre ça un peu moins dur !
Enfin, quand même…
Raide,
Le flash de rhum
Qui remplace l’entraide !
Rome,
Ne s’est pas défaite en un jour :
Mais la misère
Qu’on laisse faire
A des conséquences, …toujours !

Alors je bois
Pour oublier ce que je vois
Je bois des verres pleins,
Pour oublier que … rien !
Que rien ni personne n’a le droit
En théorie,
De tirer autant de croix
Sur les trois mots de nos mairies :

Liberté…

Liberté ne veux pas dire libéralisme
Capitalisme exacerbé
Et autisme financier !
Non ! Ce n’est pas la liberté de tuer
Par manque d’empathie,
Par trop de fortunes constituées
Sur la vie d’autrui qui en pâti !

Alors, pour oublier ça, je bois, te
L’ai-je dis ?
Oui, pour oublier, je bois, te
L’ai-je dis ?
Alors je bois, pour oublier que le monde est boiteux
Tous les jeudis…
Et les six autres jours de la semaine,
Subissent le même phénomène,
Alités
Dans l’agenda
De Judas,
En toute légalité !

L’égalité….

Égalité des chances,
Ah bon ?!
Va-t-on vraiment dans ce sens,
Question !
Fait-on fît des classes sociale
Pour jauger la valeur d’un homme ?
Le poids de l’âme me semble minimal
Dans la trame de nos curriculums !

Ah, égalité…
Certes une utopie,
Mais parmi les plus belles,
Alors tant pis
Si on en trouve que des parcelles
Ce sera déjà mieux que … rien !

Alors je cherche « égalité » mais repense toujours à elle :
Argentine et le saccage des citoyens
Par les anges de la finance à tire d’aile.
Argentine, le miroir qui me rappelle
Que nos systèmes sont Icariens !

Alors je bois
Je bois,
Et gueule de bois,
Pour oublier que la misère est un choix,
Qui n’appartient qu’à quelques petits rois,
Et à mes frères qui me désavouent,
Mes frères fous qui marchent au garde à vous,
Mes frères d’unité…

Fraternité…
En théorie…

Fraternité…
Une famille sans favoris,
Mais l’appétit du « Big Brother »
A dévoré la petite sœur !

Fraternité…
Fraternité démocratique ou pure rhétorique ?
Fraternité humaniste, est-on sûr que ça existe ?
Quand les regards fuyants me répètent,
Ce discours dans la tête :

« Mon frère, je t’aime mais de loin,
Alors ne t’approche pas trop près.
Tu es dans le besoin,
Mon frère, je le sais
Mais tu vois, parfois, faut limiter les frais.
Et puis, nos patriarches me terrorisent
Et veulent que tu restes seul.
Ils m’accordent leur crédit
et je frémis de leurs crises.
Moi je trime pour eux du lundi au vendredi,
Alors, s’il te plait, cache toi un peu,
Et, surtout, ferme ta gueule ! »

Alors je bois,
Pour oublier toutes ces bêtises,
Dehors !
Je bois
De l’eau de vie, mon lot de mort
Assise !
Je bois du matin jusqu’au soir
En silence sur un trottoir gelé,
Banquise !
Car, il faut savoir :
La misère est une histoire
Qui passe mieux à la télé !
Mieux, que d’y être confronté,
Ça passe mieux, au chaud, une fois chez soi le soir.
L’éternelle histoire du cachet ou du suppositoire…

Mais moi… Moi, je n’ai plus que ça à raconter…
La misère …
Ma vie…
Mon désert
Qui ne date pas d’aujourd’hui,
Ni même d’hier…

Alors je bois, je bois, je bois, je bois…
Et toi, n’y a-t-il que ça que tu vois
De moi ?

Et toi, qui mène une vie à peu près rangée
Intégré, bien au chaud, et de quoi manger,
Dis-moi
Pourquoi
Tu bois
Ton apéro chaque soir,
Quelques bouteilles entre amis,
Et puis le week-end en défouloir,
C’est quoi ton degré d’alcoolémie ?
C’est quoi ton pourquoi ?
Est-ce le même que moi?

COD KINAY – le 19/01/2015

Graffiti liberté égalité fraternité faux

Pour illustrer ce slam, j’ai aimé ce dessin de Sosofia94

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