Le temps est un ennemi invincible,
Impossible à faire plier,
Un destructeur de possibles
De rêves et de piliers.

C’est comme ça depuis toujours,
On y peut rien,
Quoique que l’on veuille, on le sait bien,
Il y a un jour
Où l’on doit faire des choix,
Un tri parmi nos voies.

L’heure est donc venue, pour moi,
De vous tirer ma révérence,
Et ce n’est pas sans émoi,
Ni regrets, ni crampes de souffrance,
Que je suis prêt à tremper ma plume
Dans l’enclume du silence.
Mais ça se passe ainsi,
Et il faut que je l’assume
Car il n’y a plus l’espace d’un si !

Oui, l’heure est venue de ranger mes slams
Dans l’une des boîtes noires de mon âme
Et de me dire que ce rêve est terminé
Pour une durée indéterminée.
C’est dur et ça m’altère, me mine et
Pourtant, j’y suis déterminé !

Les raisons, évidemment, sont perso,
Mais il fallait que je les exprime
Dans une dernière poignée de rimes :

« Je ne veux pas être ce mari, ce père sot
Qui place sa famille au second plan,
Parce que je l’aime plus que tout,
Qu’elle est en moi comme un implant,
Dans mon « Je », le plus grand atout,
Que rien d’autre ne remplace !

Alors, la plupart de mon temps y passe,
Et celui que je libère
Vaille que vaille,
Sert au taf alimentaire
Car il faut bien que je travaille,
Que je gagne un peu de maille
Pour assurer le toit et la graille.

Il ne me reste donc que quelques instants
Éparpillés aux quatre vents,
Mais trop peu pour aller vraiment de l’avant
Dans le Slam et c’est frustrant.
Tellement frustrant pour mon égo
Sûrement trop, oui, bien trop gros,
Qui désir tant semer au plus large
Les mots que je gratte comme un barge,
Et leurs idée volubiles.

Alors, même si ça parait débile,
Je préfère n’avoir que dalle
Dans mon assiette artistique;
Car quoi de pire que des miettes rachitiques
Quand le morfale que tu es crève la dalle ?
A quoi bon goûter ces tous petits
Qui ne font qu’accroître mon appétit ?

Et puis, au delà de la montre, c’est assez ouf,
Car ma plume est un monstre qui me bouffe
Qui m’étouffe si son appétit
N’est pas suffisamment assouvi.
Et peu importe ce que je fais,
Le monstre n’est jamais satisfait…

Je le sens me manger à coups de dents,
Me mettre en danger, là, au dedans !
Alors, étant trop faible pour le gérer,
Je préfère tout faire pour m’en libérer
Et choisir le vrai grand coup d’arrêt
Plutôt que le laisser, lentement, me digérer.

L’heure est donc venue, pour moi,
De vous tirer ma révérence,
Et ce n’est pas sans émoi,
Ni regrets, ni crampes de souffrance,
Que je suis prêt à tremper ma plume
Dans l’enclume du silence.
Mais ça se passe ainsi,
Et il faut que je l’assume
Car il n’y a plus l’espace d’un si !

Ca y est, la ronde des mots est terminée
Pour une durée qui reste indéterminée,
Tout en sachant que mes écrits passés
Ne sont pas morts,
Et en espérant que nos esprits et pensées
Les feront vivre, encore.

Et puis, qui sait, peut-être qu’un de ces jours,
Ma plume reviendra vous passer le « Bonjour » !

COD KINAY – le 22/06/2015

 

Ce n’est qu’un au revoir mon ami, lecteur et complice de la rime et des mots…

Et puis tu sais, je suis peut-être comme un serpent qui a parfois besoin de se cacher pour muer avant de réapparaitre sous une nouvelle forme, autour du même fond qui le caractérise…

Peut-être que j’ai peur de devenir un de ces donneurs de leçon, sourd et trop bavard, et que j’ai juste besoin de prendre du recul sur mes mots en me laissant le temps d’en appliquer vraiment les idées dans ma vie de tous les jours … En fermant un peu ma grande gueule pour écouter simplement et ouvertement toutes ces alternatives que les autres proposent…

Peut-être que j’ai semé et fais germer des graines de pensées, dans le terreau du slam et que maintenant je veux juste les laisser grandir et se développer à leur guise, naturellement, à leur propre rythme… Jusqu’au jour où, peut-être, les oiseaux qui se poseront sur leurs branches m’appelleront de leur chant…

Peut-être que je veux profiter de ces mots que je t’ai partagé, sans les noyer dans le flot de nouveaux, et prendre le temps de m’en imprégner vraiment pour leur donner une autre forme d’existence…

Peut-être qu’il y a trop de peut-être dans cet au revoir paradoxal qui me bouleverse et me rempli de sérénité…

Peut-être que j’ai juste follement envie de te remercier de me lire et que c’est juste dur de te dire au revoir…

Peut-être que je devrais juste me taire…

Peut-être que tout…

Peut-être que rien…

Peut-être, mon ami, peut-être…..

 

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Terminus indéterminé ou de l’inconnu au tracé de nos voies…. Au revoir mon ami ! Fais bonne route, et peut-être…

 

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