Allé, pas de temps à perdre, tout ce que je pourrais te dire de plus sur la Grande Horloge est déjà écris dans ce slam. Alors je te laisse prendre le temps de le lire directement. 😉

 

C’est un constat constant :
On cherche à s’occuper tant
Qu’on peut
A tuer le temps
Comme pour se venger un peu
Du temps qui nous tue à petit feu.

Oui, le temps est un salaud
Qui joue avec nos nerfs
Quand il cale aux
Feux de l’ennui
Et puis accélère,
Et s’enfuit
Dès qu’on veut profiter de lui.

Même au temps des cerises,
Il manque souvent le gâteau
À côté du paquet surprise
Qui ne fait pas de cadeaux.
Et comme le temps passe,
Il n’en reste vite qu’un noyau
Desséché au reflet de la glace
Fondue dans ses boyaux.

Oui, au jeu des combats déloyaux,
Le Grand Horloger est le maître
Car quand son tic-tac toque
Aux portes de l’être
C’est un coup d’estoc
À tout ce qu’il fut.
Tout ce qu’il fut deviendra confus,
De futurs en futurs, plus diffus,
Puis plus
Car le temps n’accepte aucun refus,
Aucun reflux dans ses flots
Et autant en emporte le vent
Que dans le mot
« Avant ».

Avant, quand on se sentait dans l’air du temps,
En plein présent, mais le présent
Ne dure qu’un instant;
Le temps passé à l’inspirer,
Il ne reste que du passé à expirer.

Alors pour oublier, on s’endort,
Parce que la nuit détend,
Et qu’on cherche des temps mort
Depuis la nuit des temps
Dans les coulées du grand sablier
Que rien ne peut retourner;
Parce qu’on tente de ne pas s’y plier,
Au moins quelques heures dans la journée.

Mais le flot de son sable
Reste immuable,
Peu importe ce qu’on prétend.

Alors quitte à le perdre,
Autant que l’on prenne le temps
De s’aimer en noces de cèdre
Pour vivre en évitant
De faire courir nos racines
Dans des tragédies à la Phèdre,
Car si le temps est un poison qui assassine,
La fuite en avant n’est pas un remède.

On pourra toujours gratter du rab,
Tenter de faire du durable,
Mais le manque de temps est incurable.
On pourra enrailler les mécanismes
Des aiguilles horlogères,
Envoyer en fusée des mecs à l’isthme
D’hypothétiques trous de ver,
Exposer dans des musés l’art d’hier,
Mais il n’y a pas de marche arrière,
Il faut l’accepter.
Assumer que ce qui a été
Ne sera plus un jour,
Que nulle chose ne peut hériter
D’un état de toujours.
Oui, tout s’égare dans les couloirs du temps,
Mais c’est bon d’y marcher, pourtant,
Sans chercher à s’accrocher
À un fil d’Ariane
Qui s’étend
Soit disant,
A travers ses arcanes.

Même les maths plient
Se noient dans le Pi
Car le te temps est
Juste une inconnue qu’on croit connaitre
Et sur laquelle on essais de mettre
Des concepts flous, des masques.
Une inconnue qu’on aime autant qu’on la hait,
Qui nous observe mourir et naitre,
Devenir et puis n’être
Qu’une bulle de savon
Qui vole jusqu’à son « plop ».

Au fond, nous le savons,
La Grande Horloge est une salope
Qui nous fait jouir puis nous efface
Quoiqu’on fasse.
Et si le temps m’est compté,
Je ne vivrais pas en le comptant,
Content de raconter
Mes seules histoires d’antan,
Pour les sauver de la poussière,
Espérer qu’il y repousse hier.

Non, tout n’est qu’éphémère
Comme un château de sable
Face à l’effet mer
Impitoyable.

C’est comme ça, on y peut rien,
Tout va, tout vient,
Et le souffle du temps est omniprésent,
Alors, j’ancre mes lèvres dans le présent,
En rêvant à long terme,
Tout de même;
Au-delà de cet instant qui est le mien
Et à sa fin, on verra bien…

COD KINAY – le 22/06/2016

 

Sylvie-Lobato-corps-fleur-illustre-slam-poesie-temps

Pour illustrer ce slam sur le Temps, j’ai beaucoup aimé cette huile sur toile de l’artiste peintre Sylvie Lobato, intitulée Corps-Fleur. Car au final, le corps, pareille à la fleur, se fane sous le souffle du temps et comme toute chose, se dissout dans l’éternité.

 

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