A travers ce slam poésie, j’avais envie de donner une petite explication au pourquoi de ma plume; pourquoi j’écris et ce que j’essaye d’en faire. Si tu as lu d’autres textes que j’ai publié sur le site, tu dois déjà t’être fait ton opinion là dessus. Néanmoins, je voulais juste la compléter avec une petite explication imagée, en rimes, et surtout humble car je t’avoue que je suis loin d’avoir la prétention d’affirmer que je me connais parfaitement moi-même. Rares sont ceux qui le pourraient d’ailleurs…. Bref…. il est temps d’entrer dans le vif du texte. 😉

 

Je ne veux pas être un escroc
Au paradis des comètes,
Non, je n’aiguise pas mes crocs,
Je ne pense qu’à être honnête;
Qu’à mettre au net mes pensées
Dans le baiser de la plume
Prenant le risque de balancer
Des mots lourds comme des enclumes,
Des pavés noirs dans la mare
Ou je navigue sans amarres.

Non, je n’ai pas envie d’être encensé
Aux bienséances de la brume,
J’y cherche juste le censé
Parmi les phares qui s’allument,
Les photophores d’humanité
Qui n’imposent pas leur vanité.

Je ne veux pas être Capitaine
D’un galion plein de capitaux,
Et de discours capiteux
Qui donnent des caps en capitales
Puis capitulent pour une place au capitole.
Non, je préfère mener ma barque
A coups de rames sur les eaux troubles,
L’âme légère même si j’embarque
Du philanthrope qui pèse double,
Des rêves noyés par les monarques,
Par les énarques, les grandes marques.

Je ne veux pas être dans le courant
Des boussoles de la mode,
Perdre le nord en m’entourant
Des apparats les plus commodes;
De belles voiles en vent de face
Qui nous piègent le regard
Sous le luxe d’un grand sur place
Où les souffles ne mène nulle part.
Non, je préfère aller de l’avant quitte
A prendre des coups de gîtes,
Des cals au cœur sur le safran;
Oui, ça me va tant que c’est franc.

Alors ne compte pas sur moi
Pour te dire ce que tu veux,
Faire le jeu des langues de bois
Pour une couronne sur les cheveux
Et de la gloire pour quelques mois.
Je poserais mes rimes quitte à déplaire
Aux équipages du faux semblant,
Qui prennent la pose sans avoir l’air
De flotter sous drapeau blanc.

Ceux-là diront que je n’ai comme plan
Qu’un art vague qui divague en flots sanglants
Qui surf sur les marées de polémique et
D’anti-système pour rebelles syndiqués.

A ceux-là je répondrais
Que c’est peut-être ça de rester vrai,
Face aux dérives des com’ cryptiques;
D’avoir l’esprit ouvert comme critique,
Et toujours prêt à évaluer
Ce qui dérange pour évoluer
Vers l’horizon d’autres rivages
Ou la justice n’est pas mirage.
Et puis le dire sans ambages,
Sans milles couches d’enrobage
Ni mots valises qui interdisent
L’analyse précise des balises
… De détresse.

Alors oui, parfois, ça t’agresse
Quand je torpille la flotte
Des cuirassés qui nous transportent
Sur les fleuves de l’amer;
Quand je jette à la mer
Des bouteilles pleines de mots secs
Pour parler sans détours
De l’humanisme intrinsèque
A nos gestes d’amour
Qui mettent le bien commun
Au panthéon des lendemains.

Ce qui placent le bien commun
Au-dessus des mainmises
Comme un exode de l’humain
Vers sa terre promise.

 

COD KINAY – le 07/07/2016

 

Illustration-slam-poesie-sans-barque-a-laureat-par-Mognaldo

Pour illustrer ce slam poésie, cette très belle photo surréaliste d’un super artiste: Mr Alastair Magnaldo. Elle s’intitule: La porteuse.

 

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