Parce que parfois la poésie se veut concise et qu’il n’y a pas besoin d’en dire plus, je t’offre, ici, un petit patchwork de poèmes court. Bonne lecture. 😉

 

Je monterai les mots brûlants
Comme on chevauche un dragon sauvage
Entre les arcs étincelants
Des orages qui font rage.
Je leur ferais cracher des torrents
De rêves, de vie, et de flammes
Sur les cendres des brasiers mourants
Qu’on sent s’étendre au fond de nos âmes.


 

Mange tes morts et ferme ta gueule,
C’est souvent ce que les donneurs d’ordre veulent,
Les petits chefs du quotidien
Que toi et moi on connaît bien.
Peu ouvert à l’échange d’idées,
Tu feras comme ils l’ont décidé,
Et toute remise en question
Du système deviendra une épreuve
Entraînant des sanctions
Tout simplement parce qu’ils le peuvent,
Qu’ils ont peur et ne voient que concurrence
Des autres, et de toi, en l’occurrence.


 

A la poursuite de mon âme
Sous les soleils verts
Je ne perçois dans leurs flammes
Que le froid de l’hiver,
Trop de chacun pour soi
Et de flingues aux revers.
Mais dis-moi qui conçoit
Ces fabriques à misère,
Ces mâchoires d’acier
Aux sourires carnassiers ?


 

Elle avait de la vie dans le ventre
Mais du vice à revendre
Et comme tout ne tient qu’à peu de choses,
Un jour l’aiguille sale rentre
Dans le pâle de sa peau tendre
Flash au goût de cendres
Et puis c’est l’overdose.
Le sang d’un double meurtre flippant
Sur les mains des narcotrafiquants !


 

On se construit des bunkers
Avec nos cœurs à l’intérieur,
Je ne sais pas pourquoi,
Peut-être par peur
Que les jugements broient
Le délicat de leurs fleurs.
Peut-être par peur
Que le bonheur qu’on effleure
Deviennent douleur
Quand on le perd.
Faut dire, aussi, qu’on manque de repère
Perdu dans un monde d’équations
Ou le chiffre prend le rôle du père
Qui répond à nos questions
Quand on demande ce qu’on peut faire,
Qui on peut être, notre mission.


 

Il déambule dans les allées
Bordées de sycomores
Au parfum sucré des azalées
Qui se mélange à celui de la mort.
Il y voit du marbre gorgé de sel
Ou reposent des fleurs coupées
Et, au loin, autour d’une parcelle,
Une foule sombre regroupée.
Il est venu gouter la poussière
Dans le ventre du cimetière
Pour tenter de se sentir aussi vivant
Qu’il meurt sur le cuir de son divan.
Il est venu s’étouffer à la sueur du silence
Sur l’aisselle moite des ténèbres éternelles
Pour retrouver le plaisir de respirer la violence
De l’oxygène en boîte que lui offre sa ruelle.
Il boit un bol de mort
Pour un festin de vie,
La technique du ressort
Comme instinct de survie.

 

COD KINAY – le 20/07/2016

 

illustration-slam-poesie-patchwork-par-susan-brasch

Pour illustrer ces mini « poèmes », j’ai bien aimé cette peinture de Susan Brasch intitulée « Patchwork »

 

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