Collision, un texte, expérimental pour ma plume, qui n’a pas éclos par la rime à proprement parler. Il a explosé dans ma tête, puis sur le papier et l’écran en un gros foutoir d’assonances qui se télescopent à tout va. Déstructurées comme un atome disloqué dont les électrons sans orbites se percutent sans détruire le noyau. Le fond. Enfin j’espère.

Un chaos de mots, et au milieu, l’espoir d’un sens, à l’image de ce que je vois du monde des hommes. Et je t’avoue que son chaos me fait peur car j’y sens le danger… Imminent.

Suis-je le seul à sentir ça ? Place au texte, après, si veux, tu pourras me donner ton ressenti en commentaire…

 

Le candidat qui joue le candide a souvent la technique du passeur de Bunto et du revendeur sous le manteau. Il a l’avantage des mémoires qui s’adonnent tôt à l’oubli des déboires qu’on cantonne trop au contexte d’un l’instant T qui pousse l’histoire à vite s’éventer.

Ça n’empêche qu’un vautour reste un vautour qui vous tourne autour, peu importe le décor qui l’entoure. Mais l’entourloupe nous sert sa soupe qui sème des doutes bien bornés, et du coup on se laisse berner.

Il faut dire, aussi, qu’aux grands écrans de fumée allumés sur les ondes du monde, on se sent vite cerné de beau discours aux vérités impossibles à discerner. Je te jure, il y aurait des oscars à décerner dans les rangs de la com’ coma. Une com’ chloroforme maniée comme une gomme qu’on pousse au maximum pour parfaire l’homélie en montrant que l’homme est lisse de défauts.

Mais des faux airs de Gandhi cachent souvent des revers de bandits, de dandys sirotant leur brandy en terrasse privée ou l’esprit s’est rivé à ce que les banques dictent. Une armée de VIP qui grandit sur les non-dits de l’interdit tacite d’éteindre l’incendie des dettes car c’est du crédit que naissent les pépètes.

En fait, la technique est toute bête car si l’un s’en dit peu responsable et brandit l’autre en épouvantail, l’autre fait de même et pinaille sur des détails d’un feu de paille dans une farce bien sentie qui profite depuis un bail à chacun des deux partis.

Ceci étant dit, j’ajoute que, même s’ils font mine de rien, ils se foutent bien des famines, du miséreux qui mendie, des gamins dans les taudis et du précaire à l’avenir maudit. Non, rien à foutre de la misère, eux, c’est tout pour le dollar !

Alors ça fait de l’or et du lard, s’engraisse sur la Grèce, sur la barbe de barbares, sur des migrants qu’on rembarre, sur de l’anar qui en a marre, le zonard et le taulard. Ainsi va l’art d’agiter en costard des clichés comme des foulards au regard de la foule harassée de tourner en rond au fond de son mitard aux airs de case départ.

Pendant ce temps, l’écu est pris dans un gangbank incessant, entre maisons mères aux comptes incestueux et raisons financières qui trouvent juteux de nous spéculer jusqu’au sang. Et sans cesse on a ce sentiment d’apartheid économique !

Alors je voudrais qu’on évalue clairement la part d’aide et celle de ceux qui nous niquent ! Quelle est la part de logique dans les caprices des petits princes qui se rincent les pinces dans les larmes des peuples crucifiés ?

Démocratie fière, on a cru s’y fier sans risques et on a fait confiance, sans prévoir le manque de conscience de nos élites. Alors, comme aujourd’hui, tout se délite, exit la confiance, on exige la transparence. Le droit de savoir et d’être entendus, écouté, car ça commence à se voir qu’on est tendus et dégoûtés.

Le pire c’est qu’à force de tirer sur l’alarme et des coups de semonce qui restent sans réponses, on va finir par tirer la lame, et c’est comme ça qu’on s’enfonce dans l’horreur et les larmes. Et vous, gens de pouvoir, du haut de vos tours d’ivoire hors de prix, ne croyez pas vous y voir à l’abri car l’histoire nous a appris que parfois le peuple s’octroie le droit de faire tomber ses rois.

Je vous le dis ouvertement, en évitant les mots qu’on mâche:

« Messieurs les gros, grands, gras, lâches et députés, le vrai changement et l’arrêt de vos jeux de cache cash, doit débuter dès maintenant si l’on veut éviter la butée d’un crash trash dont personne ne veut. Non, personne, car si la bombe humaine explose on sait qu’elle laissera de profondes séquelles et au final, bien peu de choses:

Juste l’écho sourd d’une crise
Qui résonne dans le vide cérébral,
Pareil au bruit de l’os qui se brise
Dans notre colonne vertébrale !  »

 

COD KINAY – le 13/07/2016

 

illustration-slam-poesie-collision

Pour illustrer ce texte, voici une représentation joignant science et art (forcément, étant fait de collisions entre biochimie et poésie, ça me touche 😉 ), que j’ai trouvé dans l’article « Science to Art » publié sur le site LEBBEUS WOODS. Il s’intitule: Computer enhanced photo of sub-atomic particle collision in a linear accelerator’s ‘bubble chamber (bubble chamber liquid H event).

 

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