Sur l’horloge de l’hôtel de ville,
Il est 21h20 tout pile…

Je regarde ma France,
Ma ville d’enfance,
Le sang de mes semblables coulant,
Du dixième au cœur du Bataclan :
Instantané
A l’horaire de l’horreur
Figeant d’un coup l’air aux couleurs
D’un instant fané
De vies en lambeaux.
Et de rétines déchirées.

Je n’avais pas pensé que daesh irait
Jusqu’à l’insensé d’y jouer les Rambo !

Quoiqu’au fond, toi et moi on savait
Que les greffons du fanatisme couvaient,
Que l’horreur à nos fenêtres
Finiraient par naitre
Dans nos foyers aussi.
Qu’on était juste en sursis.

Car mettez tout texte sacré
Entre les mains de sanguinaires
Et vous verrez que ça crée
Des adeptes qui vénèrent la guerre,
Des bêtes qui se livrent aux pires rituels
D’une secte d’ignorance spirituelle !

Des soifs de pouvoir
Sous alibi de religion,
Pour des rois de l’avoir
Dont les tristes légions
Prospèrent sur Terre au
Terreau
De la misère
Qui génère
Des manques de Culture
Et la naissance des cultes durs ;
Comme ces prêches sales, à fist idéologiques,
Pour pêche aux salafistes psychotiques !

Alors, tout ça fait des records de corps,
Des morts de tous bords, sans remords,
Des meurtres, encore et encore…

Encore combien de sang dans l’œil
Et de deuils dans les dents ?!
Combien d’innocents en cercueil
Pour des orgueils indécents ?!

Je hais l’obscurantisme,
L’obscur autisme du terrorisme
Et ses soi-disant états
Sous politique d’attentat.

Putain de nid de vipères
Au venin de la colère
Qui me tord les viscères
Et injecte à mes nerfs
L’envie de lutter contre
La contrainte
Des monstres ;
Qu’on montre
Sans crainte,
Résistance face à l’enfer,
Et qu’on croise le fer
Sans jouer la montre.

De la guerre nécessaire
Pour ne pas se laisser faire
Mais j’espère,
En tant que père,
Qu’on gardera notre âme ;
Celle qui évite les amalgames,
Aux souvenirs de l’exode de 40
Et du flot de nos familles migrantes.

Qu’on embrasse cette envie folle
Que les trois mots de notre symbole
Chantent une hymne féconde :
« Aux actes citoyens
Forgeons donc nos maillons.
Marions, marions,
Toutes nos cultures
Au fleuve de l’union ! »

C’est pour ça,
Qu’au-delà des clauses de pourfendeurs,
Il faudra
Qu’on traite les causes en profondeur,
Qu’on pense aux richesses
De la planète
Avec une vue des justesses
Un peu plus nettes ;
Que les victimes et les larmes ne soient pas vaines,
Et qu’enfin, les Droits de l’Homme et de la Femme deviennent
Le quotidien de chaque gamin,
Le sens commun de l’être humain.

Novembre 2015, on est vendredi 13,
Pas très loin du père Lachaise,
Des larmes et du sang aujourd’hui
Et puis…

…De la lumière demain.

Sur l’horloge près du Pont-Neuf
Il est déjà 23h59…

 

COD KINAY – le 16/11/2015

Avant d’illustrer ce texte je voulais mettre un lien, pour nous souvenir de celles et ceux fauchés lors des attentats de Paris ; Ces 130 victimes de plus, de notre peuple… le peuple humain.

Ce lien comme une stèle à leur mémoire éternelle : La liste des morts des attaques du 13 novembre ou 130 destins brisés.

 

Solidarité-attentats-paris

Pour illustrer ce slam, voici le dessin spontanément réalisé par Jean Jullien : Peace for Paris.

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