Le titre est explicite, et l’écriture le fut aussi, incontrôlable !

Tu sais, le truc ou tu vas te coucher, tu fermes les yeux, et les mots se mettent à tourner, à s’articuler dans ta tête. Et d’un coup ça te prend comme une envie de pisser ! L’envie d’écrire ! Le besoin impératif de cracher sur papier tout ça ! Là ! Maintenant ! Sinon, tu vas virer barjot ! Alors tu te lèves (ça caille décembre), t’écris un bout et tu te recouches en te disant que c’est bon, tu vas pouvoir dormir… Mais non ! ça te reprend, la suite vient. Alors tu te relèves…. Et comme ça jusqu’à 3h du mat, cette heure qui a vu accouché ce texte (long, d’où le 3h du mat ! ^^) avant hier.

Je suis un slam incontrôlable
Qui frappe l’âme comme la foudre.
Certains trouveront ces mots regrettables
Mais leurs blâmes, j’en ai plus que rien à foutre,
Et tant pis si mon cri leur fout les boules,
Moi j’écris pour embraser les foules !

Je prie pour l’union des idéaux
A construire sur des débats
Quand je tiens à dire tout haut
Ce que beaucoup pensent tout bas !

Du coup, on me pendra peut-être par le cou,
Au bout de la corde
Raide
Parce qu’on dira de moi que je suis fou
Et que partout, je sème la discorde.

Mais c’est faux, ce que je plaide
C’est qu’on remette le beau de l’humain
Aux horizons de nos chemins
L’entraide
Le besoin de s’unir, aux tirs de nos lignes de mire
Qu’on accède
Au durable pour bâtir l’empire des années à venir.

Alors, oui, je suis un slam incontrôlable
Qui pose cartes sur table.
La voix de l’insolence
Qui s’élance à contre sens
A contre temps de leurs silences,

Depuis longtemps voilà ce que je pense :
Je pense que le pouvoir, la violence et l’argent
Ne sont que des laisses illusoires
Qu’on passe à l’esprit des gens,
Qui surpris s’y laissent pris,
Et je ne trouve rien de plus rageant !

Alors j’accuse
Nos élites jacassantes
D’excuses
Pour se faire porter absentes
Des rangs du simple humain
Sur le chemin des points communs !

Il s’en défend Monsieur le Grand
Mais lui aussi a son cran …. d’arrêt,
Même si rien ne transparaît !
Qu’il n’a pas de sang sur les mains.

Non, pas sur les mains,
Mais il en porte tellement
Sur le blanc de ses gants
Sur les bancs de son gang
Sur le bout de sa langue
Quand il permet à l’allumette
De cramer autant de vies
De brûler notre la planète,
J’en peux plus, là ça suffit !

Alors, oui, je suis un slam incontrôlable,
Un tsunami de mots libre de palabres,
La lame de fond de l’âme qui se cabre
Dans l’œil du typhon aux pressions variables
Des dépressions instables!

Pourtant, des solutions,
J’en vois plein dans les cartables,
Ouai, plein les cartons,
Mais pourquoi nous égare-on ?
Pourquoi, les écartons-nous
Des cartes d’atouts que l’on joue !
Quand on y pense c’est aberrant,
On pourrait faire différemment,
Changer la norme, au demeurant !

Car on nous dit… démocratie ?
Ouai, peut-être ailleurs, mais pas ici
Quand les pilleurs sont aussi
Ceux qui bâtissent leurs prisons
Leurs cages aux plages dorées
Sans barreaux à briser,
Ni portes, ni cloisons !

Alors je dis que la rédaction
Des textes de constitution
Revient aux crayons
Des citoyennes,
Des citoyens.

J’appelle au tirage au sort des élus,
Du bénévolat tel quel et rien de plus,
Et puis le référendum pour que tienne
L’écrit à l’écrin du lien
Qui traverse les murs mitoyens.

Il faut qu’on fixe nous-même les bonnes pratiques
D’une politique contrainte au bénéfique.
Qu’on flique l’éthique des carrières étatiques
Pas de mains-mises, ni de fric polémique,
Pas de trips égocentriques,
Mais des guides sobres
Qui nous protègent des heures sombres.

Alors oui, je suis un slam incontrôlable
Un putain de tremblement de tête
Qui guette
Et mène l’enquête,
A l’épicentre des dessous de table,
Au troc des plaques technocratiques.

Parce que ça semble quand même étrange
Que rien ne change, que rien ne dérange,
Quand on entend
Tout le temps, à tours de bras :
« Crise écologique planétaire
Crise de l’agro-alimentaire,
Étendue croissante des dégâts,
Et pour la croissance, c’est ça,
Consomme à tout va mon p’ti gars ! »

Mais c’est quoi ce jeu ce jeu de con,
Ce jeu de pion
Ce jeu sans fond ?!
Ah, je sais, c’est….
Un jeu de dupe
Que dopent les lubies
Qu’adoptent les lobbies,
Que votent leurs groupies
Pour faire du blé,
Pour spéculer
Sur tout, sur rien,
Surtout sur nos biens
Sur l’Homme, la Terre,
Sur les bêtes de somme
Que nous sommes
Et ça m’atterre !

Alors comment veux-tu que je garde mon aplomb
Quand je vois dans la sauvegarde qu’on a déjà les bons filons
Mais qu’en fait, ils nous échappent, coincé aux chapes de plomb
Des brevets qui passent à la trappe dans le dépôt des archives
Bloqués dans les vapes des placards qui nous en privent !

Alors oui, je suis un slam incontrôlable
Qui clame qu’il y a de quoi péter des câbles
Quand on voit qu’on apprend
Aux enfants leur rôles insignifiants
Que pour faire l’Histoire
Faudrait faire partie de la caste des Puissants.
Qu’il faudrait avoir pour soi tout le pouvoir
La victoire du faire-valoir!
Et au final, tout ça pour voir
La masse qui se divise,
Qui se traîne, soumise à leur emprise.
A eux, les maîtres des devises !

Et pourtant, c’est évident,
Sans nous, leur système n’est que du vent
Solitaire !
L’important, étant
Pour nous, que tout le peuple aille de l’avant
Solidaire !
Qu’il marche mains dans les mains,
L’esprit ouvert au bien de ses voisins,
De ses gamins,
De l’autre avec lui sur le chemin,
Et de celui qu’il croisera demain !

Et je sais que ça parait inaccessible
Que ça semble une mission impossible,
Mais moi, j’affirme tout le contraire !
Que si l’espoir parait si indicible
C’est juste qu’on s’y fait insensible
A force d’être pris pour cible
Par des flèches publicitaires
Par des papiers sophistiqués
Par des phrasés trop compliqués,
Juste bons à nous piquer,
A nous faire paniquer !

On se fait aussi flinguer sans pitié
Au mortier de la précarité
Qu’ils manipulent comme une arme.
Des coups de feu pour mettre au calme
Les sirènes de nos alarmes
En générant des peurs bleues à nos égos,
Et les nerfs en pelote à fleur de la peau !

La somme de tous ces poids
C’est l’échine de l’homme qui ploie,
La femme sous pression qui boit
Le verre d’eau sale
A peine plein
Pour se dire que ça va mal
Mais que ça reste mieux que rien !

Et pourtant,
Pourtant c’est évident,
Caché en nous depuis longtemps
C’est là, bien présent,
On le sens, tout le temps, au-dedans.
On l’a dans le sang, le souffle de l’espoir,
De savoir qu’on peut encore triompher
Si on se laisse aller à y croire.
On le sait la force des foules étouffées
Qui œuvrent ensemble pour chercher de l’air
Bouffée par bouffée
Au gré des victoires qui suivent la première !

Alors, oui, je suis un slam incontrôlable
Et si ceux qui trouvent ces mots regrettables
Me pendent, un jour, par ruse, au bout de leur corde
Raide,
Souvenez-vous que la discorde,
Dont on m’accuse
N’est pas celle que je plaide,
Mais que mes mots pensent
Aux cohérences de demain
Au futur uni à l’évidence
….
Du sourire de nos gamins !

 COD KINAY – le 18/12/2014

sculpture de Maurizio Cattelan, face à la Bourse de Milan.

Pour illustrer ce slam, j’ai aimé cette sculpture de Maurizio Cattelan, face à la Bourse de Milan.

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