J’avais vu « Why Poverty ? » il y a 2 ans. Cette série de 8 documentaires (52 min chacun) sur la pauvreté et ses conséquences, diffusée sur ARTE et simultanément, par plus de soixante-dix chaînes de télévision sur les cinq continents. Ils sont très bien faits et des plus intéressants ! Je profite donc de l’ouverture de ce blog pour te faire partager ces reportages au cas où tu serais passé à côté… Et les réunis en 1 article pour te faciliter leur accès car c’est super disparate et pas facile de les avoir ensembles en français sur le net…

Why poverty ? En bref…

« Tant que subsiste la pauvreté, il n’y a pas de vraie liberté. »

Si Nelson Mandela, qui a inlassablement combattu l’apartheid en Afrique du Sud, s’est depuis longtemps engagé dans la lutte contre la pauvreté, les Nations unies ont choisi la symbolique année 2000 pour définir les « objectifs du millénaire pour le développement » et y inscrire l’endiguement de la misère dans le monde. Une décennie plus tard, où en est-on ? Quels progrès a-t-on pu observer ? Quel chemin reste-t-il à parcourir ?

Initié par l’ONG Steps International (dont le siège est au Danemark) et un groupe de chaînes de télévision publique rassemblant notamment ARTE, la BBC, la ZDF, l’ORF, DR (Danemark), NHK (Japon) ou encore SVT (Suède), le projet Why poverty ? entend susciter un grand débat sur ces questions, partout autour du globe.

Actuellement le projet vit toujours et tu peux aller voir tout ce qui s’y rapporte sur son site : www.whypoverty.net

Documentaire 1 – Pauvre de nous – de Ben Lewis

Historiens et économistes, dont Joseph Stiglitz, lauréat du Nobel d’économie, décrivent les multiples facettes de la misère selon les époques et les régions du monde. Aux temps préhistoriques, l’extrême précarité était le lot commun de tous les chasseurs-cueilleurs tandis qu’au Moyen Âge, elle semble devenir le moteur du système, avec la charité comme seul remède. La pauvreté serait-elle la conséquence des déprédations et de la colonisation ? L’internationalisation des échanges et l’industrialisation seraient-elles à la racine du mal ? Des séquences d’animation viennent illustrer cette odyssée chronologique. Le film met en scène de multiples personnages plus pauvres les uns que les autres, et nous confronte à la fin à la misère moderne et à son origine principale : les inégalités…

Documentaire 2 – Les apprenties solaires – de Jehane Noujaim et Mona Eldaief

A Tilonia, au Rajasthan, le Barefoot College forme à l’ingénierie solaire des femmes d’âge mûr, sans qualification et de condition modeste. Le projet a pour objectif d’assurer un approvisionnement énergétique aux villages pauvres et reculés et de créer des emplois. Pendant six mois, des femmes venues du monde entier sont réunies pour découvrir l’énergie solaire, les circuits électroniques et la soudure… Et ce, bien que la plupart d’entre elles ne sachent ni lire, ni écrire, ni parfois même parler l’anglais.

Désolé, ces documentaires, portant géniaux et d’intérêt culturel et éducatif majeur, sont tellement difficiles à trouver sur la toile que je ne peux te mettre qu’une version espagnole sous-titrée anglais. :-/

Documentaire 3 – La fabrique des pauvres – de Lourdes Picareta

Dans son documentaire intitulé « La Fabrique de pauvres », Lourdes Picareta dévoile un visage très cru de la pauvreté en Europe. Très loin de l’époque des Trente Glorieuses et de l’idéal d’une justice sociale, la réalisatrice allemande nous plonge dans les quartiers nord de Marseille, pour nous raconter le quotidien du jeune Mehdi (15 ans), “bloqué dans l’impasse de la pauvreté”. Lourdes Picareta s’intéresse également au cas de l’Allemagne. Souvent loué pour sa stabilité et son « miracle économique », le pays le plus riche d’Europe compte pourtant 2,9 millions d’enfants en situation de pauvreté, d’après le documentaire. Selon elle, ce pays où 6 millions de personnes survivent grâce à la loi Hartz IV de lutte contre le chômage est « coupé entre riches est pauvres ».

Avance à 25 minutes sur la vidéo pour te placer au début du reportage original

Documentaire 4 – Donnez votre argent – de Bosse Lindquist

Live Aid, Make Poverty History… De nombreuses personnalités et artistes se sont engagés dans l’action humanitaire pour combattre la pauvreté dans le monde. Bob Geldof et Bono sont parmi les plus connus. Mais leurs concerts et leurs campagnes ont-ils réellement sorti des millions de personnes de la misère ? Les deux militants présentent le travail de lobbyiste qu’ils mènent depuis de nombreuses années et expliquent comment ils exploitent le goût des hommes politiques pour la médiatisation.

Documentaire 5 – l’Afrique, le cuivre et les vautours – de Christopher Gukdbrandsen

Depuis l’installation du milliardaire Ivan Glasenberg, président de Glencore, les 5 200 habitants de Rüschlikon, dans le canton de Zürich, ont vu leur taux d’imposition baisser – ce qui n’empêche pas la commune suisse de peiner à dépenser toutes ses recettes fiscales. Glencore, un des poids lourds du secteur des matières premières, exploite en particulier des mines de cuivre en Zambie. Mais les Zambiens ne peuvent que rêver d’une telle manne financière. Bien que leur pays détienne la troisième réserve de cuivre au monde, 60 % d’entre eux survivent avec moins d’un dollar par jour et 80 % sont au chômage.

Documentaire 6 – Education : le casse-tête chinois – de Weijun Chen

En Chine, l’éducation est devenue une activité lucrative excluant les plus démunis. L’essor économique et la considération des Chinois pour ceux qui travaillent dur entretiennent l’illusion qu’étudier protège de la misère. Mais les notes moyennes de Wang Pan à la sortie du secondaire ne lui permettent pas d’entrer dans les meilleures universités, subventionnées par l’Etat. Wang Zehziang, professeur dans un établissement privé, explique avec une franchise qui confine au cynisme leur mode de fonctionnement : recruter des élèves de milieux ruraux en leur faisant miroiter une amélioration de leur condition, prendre leur argent et les envoyer sur le marché du travail bardés de diplômes sans valeur. Quant à Wan Chao, qui vient de terminer une formation reconnue, il peine à trouver un employeur.

Documentaire 7 – Bienvenue au monde – de Brian Hill

Chaque année, 130 millions d’enfants viennent au monde. Un bébé né au Cambodge a de fortes probabilités de grandir dans une famille vivant avec moins d’un dollar par jour. Au Sierra Leone, les chances de survie des enfants de moins d’un an sont deux fois moins élevées que la moyenne mondiale. Et un nouveau-né aux Etats-Unis rejoindra peut-être les 1,6 million d’enfants sans abri du pays. Destins de quelques-uns de ces nourrissons en plusieurs lieux de la planète.

Documentaire 8 – 740 Park Avenue: Luxe à tous les étages – d’Alex Gibney

740 Park Avenue, à New York : dans cet immeuble vivent quelques-uns des plus riches citoyens américains. Sur l’autre rive de Harlem River, à 10 minutes au nord, Park Avenue montre un autre visage. Ici, dans le sud du Bronx, plus de la moitié des habitants vivent des distributions de nourriture et ils courent 20 fois plus de risques que leurs concitoyens de Manhattan d’être tués avant d’atteindre la majorité. Au cours des 30 dernières années, les inégalités ont considérablement progressé aux Etats-Unis. Le rêve américain semble désormais réservé à ceux qui ont les moyens de graisser la patte aux hommes politiques pour qu’ils adoptent des lois favorables aux riches.