Ce texte parce qu’en vérité les amis, j’ai du mal avec le terme Migrants ! Pourquoi ? Tout simplement parce que je trouve beaucoup trop déshumanisant. Je m’explique : on entend tout le temps, les migrants par-ci, les centre d’accueil des migrants par là, comment gérer les migrants, tiens, un bateau de migrant à coulé, etc….

Mais putain, les migrants ce sont des humains, comme toi, comme moi, tout pareils, avec leurs sentiments, leurs émotions, leurs rêves, leur chair, leur sang et leur douleur… Tout comme chacun d’entre nous… Des êtres vivants, humains, hommes, femmes, enfants et familles….

 

Il a traversé les eaux
Pour venir dans notre pays,
Avec à peine un sac à dos
Où gisent les restes de sa vie.
La guerre, la faim, le manque d’eau,
Au souvenir de son chez lui,
Et d’un grand coup de couteau,
Ses racines tranchées, ses appuis
Écroulés, Petit Prince d’un château
De cartes soufflé par la nuit.
Puis, comme si l’horreur lui avait pris
Le corps, le cœur et la tête en otage
Au pèlerinage des pénuries,
Il a charrié dans son sillage,
Trop morts dans des bagages
Hors-gabarit pour son esprit:
Des femmes et des enfants de tous âges
Abandonnés de n’avoir pu payer le prix,
Le bateau d’à côté qui fait naufrage,
La panique et la mort à l’écho des cris,
Et les gilets de sauvetages
Qui se révèlent supercherie;
Son embarcation, à lui, tellement en surcharge,
Que tout sauvetage y est proscrit.
Les larmes aussi, refoulées au large,
Dont les torrents l’ont surpris,
À bout de souffle sur le rivage,
Comme lorsque le ciel gris
Se noie soudain dans l’orage.

Écorché, affamé, en plein décalage
Mais rempli d’espoir incessant
Il se voit sur la plage, maintenant,
Les paumes de ses mains tenant
Les portes d’un futur renaissant.

Et voilà qu’on les lui claque au visage !
Comme si, ici, sur tous les étalages,
Les rayonnages des grands magasins
Il n’y avait pas assez pour sauver son prochain…

Comme si on ne voyait dans la détresse
Qu’une menace à nos conforts quotidien…
Comme si la France n’était pas la bonne adresse
Des droits de l’homme et du citoyen.
Comme si les victimes de la barbarie
Ne résidaient qu’à Paris…

Comme si la peur de l’autre et du chômage
Justifiait qu’on ait pas l’envie,
Qu’on ait pas le minimum de courage
Requis pour sauver des vies…

Juste parce que nous sommes nés ici,
Tout comme lui le fut, mais là-bas.

Allé, dis-moi ce que nous ferions si
Nous étions dans son cas,
Qu’espérerions nous des Français
Si nos origines étaient inversées ;

S’il était né ici,
Et toi là bas…

 

COD KINAY – écrit le 10/04/2017

 

 

Photo-famille-syrienne-réfugiés-migrants

Photo de Daniel Etter – Famille Syrienne venant chercher refuge et protection en Europe.

 

Licence Creative CommonsD’humains à humains de Cod Kinay est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 4.0 International. Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à Contacter Cod Kinay.