Avant propos du poème

Germinal ! Parce que les combats si durs d’hier, et sublimés par la plume de Zola, ne doivent pas être oubliés…

Germinal ! Parce qu’ils continuent encore aujourd’hui sous d’autres formes…

Germinal ! Parce que ce sont eux qui rendent meilleurs nos lendemains…

* Pour info, tu peux voir la définition des mots en bleu foncé dans le texte en passant ta souris (ou ton doigt pour le tactile) dessus.

Et maintenant, place à la poésie

Au Germinal du 21ème,
Il va falloir que nos épaules tiennent
Nos poings levés à hauteurs des idées
Puisées aux veinesHauteur de charbon exploitable entre le sol et le toit de la galerie des cœurs décidés.
Tous des mineurs d’un monde aux filons du mieux
À creuser nos tête contre la crise où
Les regards de charbon, des wagons sous les yeux,
Ruissellent de sel à chaque coup de grisouExplosion due au méthane dissous dans le charbon.

Au Germinal des abattagesAction de détacher d’un gisement le charbon en le disloquant avec un pic ou plus récemment avec un marteau-piqueur du virtuel,
Des pixels en terrilsAccumulation des matériaux stériles provenant du triage et s’entassant en monticules dans la pénombre
Qui mettent en péril les gisements de nos cervelles,
Il va falloir qu’on sorte des décombres
De nos sociétés malades d’injustices,
De l’austérité en simple barrouWagonnet utilisé pour l’évacuation du charbon mais qui est vide dans lequel pissent,
Les compagnies aux profit indécent
Qui se gavent des milliards aux kernetsÉcoulements le long des galeries pour évacuer les eaux souterraines des larmes de sang.

Au Germinal de nos luttes humaniste,
Oui, je serais de ceux qui résistent
De ces LantierÉtienne Lantier est un des protagonistes du roman Germinal d’Émile Zola, qui se bat pour l’amélioration des conditions de vie des mineurs de charbon dans le Nord de la France à la plume d’un Zola,
Parce que le peuple se doit à ces causes-là :
À défendre la justice sur sa terre
Comme une fille, un fils qui chérie sa mère
Au souvenir des luttes ouvrières,
Des réprimés de nos coronsGroupe de maisons ouvrières dans les régions minières du Nord,
À l’éclosion des mutuelles populaires,
Des coop’ et syndicats qui encore ont
Des luttes de fond, à mener, je crois.
N’en déplaise au peuple bourgeois,
Moi j’ai l’âme du gréviste des houillèresMines de houille, c’est à dire de charbon minéral qui n’est pas de l’anthracite
Plus que la bouche suçant l’argent des cuillères.

Au Germinal des commerces multinationaux
Qui violent la vie de millions d’ouvrières,
Qui nous font rouleursMineurs qui poussent les wagonnets sur les rails de leurs paradis fiscaux,
Nous coinçant comme des gonds dans les charnières
Des portes blindées de leurs coffres-forts;
Camarade, le criblageTri du charbon provenant de la remonte en retirant les pierres et les impuretés des justesses demandera des efforts,
Des sacrifices de confort et bien plus encore.
Mais il est l’heure de destituer les oppresseurs frivoles
Sans rêver de prendre leurs places,
De monter ensemble dans la gayoleCage dans laquelle montent les mineurs pour descendre et remonter de la mine
Pour mettre fin à la traite des masses
Car ce qui différencie le travail de l’esclavage,
C’est le respect du travailleur
Citation tirée du roman Germinal d’Émile Zola
,
Et ça passe par le partage
Équitable ici comme ailleurs.

Ami(e), dis-moi, mais qu’attend-on
Pour aller ensemble au charbon !

Au Germinal des exploités, des vérités qui s’usent,
Contre des murs de mort crépis de vanités;
Oui, au souvenir de Zola, « J’accuse »
Ceux-là qui diffusent à outrance des insanité,
Ceux qui abusent des peuples en toute impunité,
« J’accuse » aussi nos silences, l’inanité
Nos regards qui se détournent par commodité,
Je les accuse tous de crime contre l’humanité !

COD KINAY

Pour illustrer ce poème ou texte de slam poésie

Annonce de la publication de Germinal en 1885 dans le cri du peuple

« […] Et, sous ses pieds, les coups profonds, les coups obstinés des rivelaines continuaient. Les camarades étaient tous là, il les entendait le suivre à chaque enjambée. N’était-ce pas la Maheude, sous cette pièce de betteraves, l’échine cassée, dont le souffle montait si rauque, accompagné par le ronflement du ventilateur ? A gauche, à droite, plus loin, il croyait en reconnaître d’autres, sous les blés, les haies vives, les jeunes arbres. Maintenant, en plein ciel, le soleil d’avril rayonnait dans sa gloire, échauffant la terre qui enfantait. Du flanc nourricier jaillissait la vie, les bourgeons crevaient en feuilles vertes, les champs tressaillaient de la poussée des herbes. De toutes parts, des graines se gonflaient, s’allongeaient, gerçaient la plaine, travaillées d’un besoin de chaleur et de lumière. Un débordement de sève coulait avec des voix chuchotantes, le bruit des germes s’épandait en un grand baiser. Encore, encore, de plus en plus distinctement, comme s’ils se fussent rapprochés du sol, les camarades tapaient. Aux rayons enflammés de l’astre, par cette matinée de jeunesse, c’était de cette rumeur que la campagne était grosse. Des hommes poussaient, une armée noire, vengeresse, qui germait lentement dans les sillons, grandissant pour les récoltes du siècle futur, et dont la germination allait faire bientôt éclater la terre. »

Germinal – Emile Zola

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