Salut, voici un slam que je viens d’écrire et que je déclamerais le 5 janvier 2015. C’est donc une avant-première sur le bog ! ;p

Le thème imposé était « lanterne » et ça m’a fait penser cash à « la lanterne ». Mais c’est quoi la lanterne ?!

Si tu ne le sais pas (et ce n’est pas un mal ! ^^), la Lanterne est un pavillon de chasse situé à Versailles, utilisé comme résidence d’État de la République française. Sous la Ve République, il devient une résidence secondaire mise à la disposition du Premier ministre et depuis 2007, il est mis à la disposition de la présidence de la République (pour vérifier, le petit lien Wiki).

Alors, je me dis qu’il y en a qui se font pas chier à s’offrir un trop plein de luxe tout en nous pissant à la raie !! Du coup ça a donné ça :

Ils veulent nous faire prendre
Leurs vessies pour des lanternes
Qu’on les laisse pisser sur nos flammes.
Ils jouent de facéties pour rendre
Nos prises d’élan ternes
Et nous perdre au brouillard de l’âme.

Depuis tout jeune, déjà, sans trêves,
Ils nous urinent dans la tête,
Pour éteindre la flamme de nos rêves
Qui pourrait nous guider dans la tempête.
Ils ne cherchent pas à faire de nous
Des humains aux pensées éclairées,
Mais de bons petits clones qui se mettent à genoux
Pour boire leurs dogmes au parfum de l’urée
Comme de belles petites pissotières fières
De se remplir de déjections financières.

Alors, ils nous font prendre
Leurs vessies pour des lanternes
Que nos éclats se fassent cendre
Aux jets de fiel qui jaillit des antennes,
A ce manque d’essentiel qu’ils nous vendent.
Ils veulent qu’on stagne, figés dans la nuit,
Aveugles et démunis de nos lampions d’espoir
Qui prennent l’eau sous l’écran de la pluie
Qui diffuse des peurs
Et l’appel des mouchoirs
Pour nous plonger dans la torpeur
Aux déboires des bougeoirs.

Et toujours ils nous font prendre
Leurs vessies pour des lanternes,
Afin qu’ils puissent vendre, vendre et vendre
Des reflets de néant à nos phares en berne.
Ils nous formatent au besoin de liquide
Qu’on se hâte d’y noyer nos étincelles,
Jusqu’à prendre leurs vessies pour modèle
Et se plonger dans la norme de l’esprit cupide
Parce qu’un automate est tout sauf intrépide.
Ils nous poussent à consommer dans le speed
Pour qu’on étouffe en manque d’oxygène
Car ils savent que des lanternes sous vides
Ne brillent plus d’un éclat qui les gêne.
Ils savent que les rêves et l’amour
Qui s’allument sur nos chemins de traverse
On besoin qu’on prenne le temps
De regarder tout autour,
Et qu’on ne les voit plus vraiment
Quand on court en stress sous l’averse.

Alors je vois beaucoup trop de vessies
Qui se déguisent en lanterne
Tellement trop de citernes
Qui se disent des Messies.
Et tout autant de flammes qui vacillent
Dans l’urinoir des pupilles
Bien trop d’âmes qui paniquent
Sous le déluge économique.
Et c’est triste ces lanternes qui s’éteignent
Dans l’océan du paraître,
De voir l’obscurité gagner les cœurs qui s’astreignent
A faire ce qu’on attend d’eux, à part être !

Alors, oui, ils ont réussi à nous faire prendre
Leurs vessies pour des lanternes
Et pissent dru au-dessus de nos flammes
Ils jouent de milles facéties pour rendre
Nos cœurs à la dérive, lents et ternes,
Comme des marins perdus dans les brumes de l’âme.
Mais je sais que les mots sont un feu magique
L’essence des cœurs, et le sens des logiques
Qui brûle à l’infini sans que rien ne l’empêche
D’exploser, un jour, et rallumer les mèches !

COD KINAY – le 15/12/2014

 Latour prenant sa vessie pour une lanterne

Pour illustrer ce slam, j’ai aimé cette peinture Christian Zeimert : Latour prenant sa vessie pour une lanterne

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