Les sons

Les paroles

Nous sommes Charlie

Il faut qu’on arrête
Partout sur la planète
Ceux qui dégomment
Pour des gommes,
Qui donnent la mort
Pour des mots forts,
Ceux qui déciment
Parce qu’on dessine,
Qui remplacent les écits
Par la violence et les cris.
Ne faisons pas d’amalgame
En réaction face à ce drame,
De jugements hatifs et faussés
Qui viendraient agrandir les fossés.

Qu’on aime ou pas le Charlie,
Là n’est pas le problème,
On ne tue pas pour ce qu’on lit
A l’opposé de nos emblèmes.

Il ne faut pas que l’on se déchire
Sur les à-côtés de cette horreur.

Au contraire, il est temps de s’unir,
Et de porter ensemble les valeurs
De la liberté d’opinion et d’expression,
Prouver qu’on résiste aux pressions
Qui nous poussent à faire le jeu
De ces fanatiques dangereux.

Il ne faut pas tomber dans la vengeance
Qui leur donnerait en partie raison,
Mais juste continuer à dire ce qu’on pense,
D’un coup de langue ou de crayon,
Sans avoir peur d’en subir les conséquences
La tête haute au dessus des oppressions.

Et je suis sûr que s’ils le pouvaient
Les victimes se caricatureraient.
Je suis persuadé qu’elles en riraient
De la bêtise que cet acte odieux revêt.

Alors mes amis parlez librement
Débattez, mais faites le calmement
Car chaque pensée évoquée sans emprise
Est un bras d’honneur aux mains-mises
Que voudraient imposer ces facistes.

Opposez-vous mais toujours en pacifistes
Car la division est ce qu’ils veulent.
Alors unissons-nous pour leur cracher à la gueule
Au-delà des religions et des opinions
Des couleurs, des pays, des frustrations.

Claquons-leur le nez dans leur ignorance
En acceptant de respecter nos différences,
Laissons ces fanatiques, ces trous du cul
S’isoler dans leurs cerveaux trop étriqués.
Ce n’est pas par la haine qu’ils seront vaincus
Mais par le manque de soutien pour trafiquer
Leurs sales actions envers l’humanité entière.

Toi, moi, nous, libres, unis, tolérants et fiers !

Cache ton passé

Déjà 30 ans que j’avance et je pense
En un sens, que j’ai de la chance,
Mais quand j’explore mon enfance
Je n’entends qu’un silence d’absence.
Des souvenirs écrits à l’encre d’amnésie,
Sur pages blanches reliées de frénésie.
Comme si j’avais eu, chaque jour, un sosie
Qui aurait vécu le parcours de ma vie.

Et j’me souviens de rien, Maman,
Où sont passées mes rêves d’enfant.
Et j’me souviens de rien, Papa,
J’retrouve plus nos traces de pas,
Et j’me souviens de rien, de rien, putain c’est triste !
Quand vous, vous me dites que ça existe.

Le temps trace comme un train fou
Sa provenance, j’crois qu’il s’en fout,
Et moi, petit vagabond, j’ai sauté dans sa motrice
Me disant « OK, c’est bon! Je vais explorer la matrice »
Mais plus sa loco s’emballe, plus j’ai la trouille
De ces paysages cannibales qui s’avalent et m’embrouillent,
Alors le temps s’entête, déraille et puis s’enfuit
Et, c’est l’enfant dans ma tête qu’il emporte avec lui.

Et j’me souviens de rien, Maman,
Ni tes mots tendres, ni nos tourments.
J’me souviens de rien, Papa,
Ni d’engueulades, ni de tes bras.
Et j’me souviens de rien, je patine comme un con,
Ouai, y a que trop de patine sur mon nom.

Mon cerveau vacille et crache dans ses égouts
Les clichés de famille de mon passé sans goût.
J’entends bien vos voix qui me parlent de moi,
Mais j’y comprends rien, et je crois que je me noie
Que je me saoule aux verres de nuit où rien ne brille
Où mes appuis s’écroulent en cherchant des béquilles.
Je regarde sur des photos, un petit minot heureux,
Souriant et bien au chaud, assis entre vous deux.
Mais ma montre est folle et ses aiguilles assassines
Etiolent le sol ou s’entortillent mes racines.

Et j’me souviens de rien, Maman,
J’ai perdu tous nos moments.
Et j’me souviens de rien, Papa,
Où sont nos rires, putain !J’sais pas.
Et j’me souviens de rien, et puis ça me rend fou
De n’être qu’une ombre au passé flou.

Mes souvenirs se taisent et vos cœurs le font avec,
Je crois que c’est la tristesse qui les a rendus secs.
Les larmes versées sur le drame de votre gosse
Qui a perdu son âme pour ne laisser qu’un sac d’os,
Un amas de chairs et de sang, vide de ces souvenirs
Que votre cœur désespère de n’avoir pu construire,
Et cette amertume que je vois dans vos yeux qui transpirent,
Je la sens remplir mon vide et c’est ça, je crois, le pire.

J’ai pourtant pris leurs cachets et écouté les blouses blanches,
J’me suis livré sans rien cacher, j’les ai laissé couper en tranches
Ce qu’il restait de mon esprit, mais plus ça dure, plus je vais mal,
Et vous savez, j’ai bien compris, que j’quitterais plus cet hôpital.
Alors je suis là, à vous peindre cette toile au monochrome du passé,
Mon ombre délavée sur les poils d’un vieux pinceau cassé,
Celui de mon esprit fusant au fusain de la mort qui ricane,
A cent mille à l’heure dans le dessein tordu de sa chicane.
Notre rencontre est explosive,
Ses eaux, mon corps à la dérive,
Et puis une bouteille à la mer
Avec ma dernière missive,
Comme un retour en arrière,
Qui me ramène sur nos rives.

Et J’me souviens de nous, Maman,
De nos regards, tes yeux charmants.
J’me souviens de nous, Papa,
De ton amour, tes mots sympa.
Et j’me souviens de nous, de tout, de mes attaches sans taches
Enfin ressuscité au dernier souffle du dernier flash !

Papa, Maman, ne pleurez pas,
J’pouvais pas vivre dans cet état,
Maman, Papa, ne pleurez plus,
C’est d’un sourire que je conclue
Et puis j’me suis souvenu de tout,
Et puis j’me suis souvenu de nous,
Et puis, y avait plus d’autres alternatives,
J’étais déjà mort depuis longtemps,
Alors c’est pour le mieux ce qui m’arrive,
Je t’aime Papa… Je t’aime Maman !

Utopie

Mon président,
Je suis
Cette chose qu’on ne peut pas te détruire,
L’utopie,
Bien trop loin pour qu’on puisse lui nuire
Le rêve d’un gosse
Qui ne peux que grandir
Qui prend sa force
Dans le présent d’un avenir !

Mais merde Président!
Je suis
L’étoile dans les yeux du mort qui te sourit,
L’utopie,
Pour laquelle tu ne peux pas fixer de prix,
Le rêve d’un vieux
Qui a vécu sa vie au cœur
Qui regarde les cieux
Le feu sous le marbre en fleur !

Alors c’est vrai
Je suis
Ce qui ne pourra jamais être vraiment,
L’utopie,
Qui te tire vers l’avant comme un aimant,
Le rêve d’un fou
Qui fait fit de toutes camisoles,
Riant sous les pluies de coups,
Le rêve d’un fou que rien ne désole !

Mais réfléchis ! Bordel ! C’est pas si dur !
Je suis
Le bras d’honneur à tous tes oppresseurs,
L’utopie,
Où l’essence intense de tes moteurs,
Le rêve à l’horizon
Que tu peux faire les yeux ouverts
L’échec à la prison
Qui te fout tous les feux au vert !

Mais réfléchis ! Bordel ! C’est pas si dur !
Je suis ce que j’étais quand je serais,
J’étaye qui me suit et jamais ne laisserais
Tes genoux pliés tous deux posés par terre,
Sous le poids de quotidiens trop délétères!
Je suis l’utopie, ton ange gardien,
Ce rêve précieux qui ne peut être que le tien,
Je suis le sixième sens présent dans chaque humain !

Mais réfléchis ! Bordel ! C’est pas si dur !
Je suis
Ton utopie,
Je suis
Ta ligne de vie,
Alors accroches toi à mon aura,
On y va, ça ira, tu verras !

Sexe à pile

Y a tant de sexe à la télé,
À l’aube d’un monde phallique,
Où les filles même pas formées
Savent déjà comment on nique.
Franchement, parler de sexe, ça fait partie du quotidien,
Et puis ça peut briser des tabous.
Moi, je n’y vois rien de malsain,
Allez dites-moi, qu’en pensez-vous ?

Donc parler de sexe, j’y tiens,
Mais exposer les trop jeunes, ça sert à rien,
Ca fait plus de mal que de bien,
Les mômes violeurs en sont témoins !
En plus ça peut créer des complexes
Entre les gamins et le sexe :
Imagine un pré-ado
Qui prend comme modèle Rocco !
Ça crée un problème de taille
Qui pourrait n’être qu’un détail,
Sans que sans expérience
Ça peut fausser les références
Et faire naitre de l’ignorance
Une grave perte de confiance !

C’est vrai, on le formate, sans tact,
Sans prendre la mesure de son impact,
Et poussés à son contact
Peu d’entre nous en sortent intact.
Car pour les filles, c’est la même !
Peut-être même plus extrême !
Se comparer aux seins gonflés
Des poupées siliconée,
Les voir se déshabillées,
A peine le mec entré,
Dur après de leur inculquer
Les risques d’engendrer
Le fœtus d’un bébé
Qu’elles ne peuvent assumer
Et leurs cœurs déchirés
Quand elles devront en avorter !
Tu me diras : « Elles ont la pilule ! »
Mais regarde avec recul,
Et imagine une meuf de 15 ans
La demander à ses parents.

La cerise sur le gâteau,
Quand on regarde les pornos,
C’est que pour faire un film chaud,
Ces blaireaux
Mettent les capotes hors plateau !
Pourtant à l’écran
C’est important
Quand le SIDA est tant présent
Et les jeunes si peu conscients
Que le remède reste absent,
Et qu’il suffit d’un seul instant
Pour qu’il passe dans leur sang !

Franchement le sexe, moi je trouve ça magnifique !
Ouai, je trouve ça fantastique !
Mais ce qui est tragique,
C’est que pour un peu de fric,
La tactique qu’ils appliquent
Est d’y noyer tout public
Avec des trucs chauds, des tracks chocs, des trucs de fou, des tonnes de foutre,
Mais l’impact au-dessus du froc, je crois bien qu’ils n’en n’ont rien à foutre !!

SDF – Sans Dialogue Fixe

Dis-moi, dis-moi, ça fait combien de temps que t’as pas bien mangé ?
Que tes fringues sales, là, tu les as pas changées ?
Dis-moi, dis-moi, t’en as vu combien des regards qui t’évitent,
Et des mains tendues qui se rétractent trop vite ?
Dis-moi, depuis combien de temps on t’a pas adressé la parole ?
Et pas juste le petit mot qui accompagne l’obole ?
Vas-y dis-moi, t’en penses quoi toi de notre société,
Liberté !
Egalité !
Et tu la sens, toi, la fraternité ?

Tu t’y retrouve toi dans le dédale de tous ces fonds spéculatifs ?
Parce que moi j’y pige que dalle et vois pas l’aspect curatif,
Comment ça contribue à mettre la vie en tête de scène ?
Faut qu’on m’explique enfin?
Faut que t’existes, frangin ?
Car là ça en devient obscène ?
Mais dis-moi, toi, tu les vois comment nos centre-ville,
Nos centres commerciaux et toute cette fièvre mercantile ?
T’y crois, toi, qu’on jette la bouffe pas encore périmée
Alors qu’à 100 mètres… Putain, on sait ! A quoi bon le faire rimer !

Je sais pas, moi, je sais pas c’que t’en penses et c’est ça qui m’dérange,
Que t’ai juste le droit au silence en attendant que ça change
Alors qu’en vérité, tu les connais surement mieux que nous les priorités.
Et pourquoi ce serait pas toi qu’aurais les bonnes idées ?
Tu vois, là,
Je pense à ça,
D’accord !
Mais merde, je suis comme tout le monde,
A gaver les poules aux œufs d’or en espérant qu’elles pondent.

Constamment consommer et parfois faire comme si j’te voyais pas,
Parce qu’une fois qu’on a mis les pieds dans le plat
C’est la soupe à la grimace qui prend sa place dans les repas.
Et franchement je t’avoue que si on fait rien,
C’est parce qu’on sait pas comment,
Qu’on sait pas combien
Sont prêts à suivre le mouvement.
Et pourtant, j’te jure qu’au fond pour nous c’est important,
Mais c’est juste qu’on a pas, non, … on a plus de temps.
Et c’est ça qui nous tient à la gorge comme un collet,
Qui fait qu’on oublie l’époque où les foules s’affolaient ?
C’est ça, mon frère… le temps et le courage ?
Mais nos voix portent la boîte de Pandore qui s’ouvre,
Et quand les nuages en sortent et que le ciel se couvre,
C’est l’air qui s’électrise et qui sent l’orage,
Et quand l’orage fait rage, les rats quittent leurs égouts,
Et crois-moi, crois-moi quand je te dis que ça en vaudra le coût !

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