Les chansons

Les paroles

Des illusions

Tu voudrais être une ogresse
Qui croque les hommes à profusion,
Plus de poils, plus de graisse,
Adepte à la liposuccion.
Vas-y virevolte, vas-y danse
Cendrillon veut saisir sa chance,
Mais y a pas de princes dans ta romance
Et ta citrouille est en avance.
Un bistouri dans le cœur,
Le fric, la gloire mais la douceur,
Tu t’en fou pas mal si elle crève,
Elle ne fait plus partie de tes rêves.
Faut ressembler aux filles des magazines,
Retouchées et formatées,
A toutes ces filles, produits d’usine,
Maquillées et bien coiffées.
Tu n’es qu’un pantin d’accord
Qui ne vie que pour son corps
Et même si ton coeur est mort
Tout ce qui compte c’est le décor.
Tu rêvais de la vie de palace,
Et que les gens se rappellent de ton nom,
Mais on l’utilise et on l’efface,
Tu sers qu’à ramener du pognon.

Tu n’avances qu’à reculons,
Et tu vois les choses à l’envers,
Crois-tu que nous t’adulerons
Sous l’éclair du réverbère.
Et tu te hisses vers le fond
Et tu espères de travers
Bercée par une illusion
Qui a foutu ton corps en l’air

Tu veux devenir une grande star,
C’est ton seul rêve pour plus tard,
Celui d’une génération
Adepte aux programmes à la con.
Des illusions dans le désert,
Un cauchemar glauque, un peu d’enfer
Une vie faite d’espoirs maudis,
Pleine de strass sur ton taudis.
Mais pour ça t’es prête à tout,
T’es prête à aller jusqu’au bout,
Alors tu te livres à des ordures
Qui fixent leurs mots sous ta chevelure.
Tu t’enfonces dans leurs draps,
La première place, toi tu l’auras
Tu offres ton corps à qui veut le voir,
Une pute de luxe sans le savoir.
Mais tu ne peux plus faire marche arrière.
Les monstres ont planté leurs barrières,
Alors ils te croquent et t’en es fière
Quand ils te ferment les paupières.
Tu rêvais d’être sur scène
Mais ta danse, elle est malsaine,
C’est une overdose de peines
Injectée direct dans tes veines.

Tu n’avances qu’à reculons,
Et tu vis le monde à l’envers,
Crois-tu que nous t’adulerons
Sous l’éclair du réverbère.
Et tu te hisses vers le fond
Et tu espères de travers
Bercée par une illusion
Qu’a foutu ta vie en l’air.

Pourquoi t’es restée là,
A mourir dans leurs bras,
Pour une ligne dans le journal
Un fait divers, un fait banal.

Des anges et des hommes

Un ange s’éveille et ouvre les yeux,
Il tend l’oreille depuis les cieux.
L’homme le réveille et se prend pour Dieu,
Casse son sommeil, c’est ennuyeux.
Y a trop de bruit pour pas grand-chose
Et même la nuit n’est plus une pause.
Depuis qu’il a croqué le fruit,
Y a plus moyen qu’on se repose.

Au paradis les anges en ont ras-le-bol
Que les hommes se foutent de leur gueule,
Plus d’harmonie du ciel au sol,
Si les anges se tirent, l’homme est tout seul.

Des idées noires sur fond d’orage
Les larmes viennent choir sur les rivages.
C’est l’ange qui pleure dans les nuages,
Toute sa blancheur est dans le cirage.
Mais il voit rouge au bord du monde,
Les âmes qui bougent brouillent ces ondes
Il virevolte, brule ses ailes
Tout ce qui importe n’est plus réel.

Au paradis les anges en ont ras-le-bol
Que les hommes se foutent de leur gueule,
Plus d’harmonie du ciel au sol,
Si les anges se tirent, l’homme est tout seul.

Les anges décident de faire la grève
Et de regarder les hommes qui se crèvent.
Ils manifestent dans leurs rêves
En attendant que le jour se lève.
Ils ont l’espoir que l’homme se réveille
Qu’il réalise d’autres merveilles.
Même si c’est dur de tout la haut,
Les anges aiment leur boulot.

Au paradis les anges ont l’habitude
Que les hommes se foutent de leur gueule,
Plus d’harmonie du ciel au sol,
Mais les anges restent, l’homme n’est pas seul.

Muet de l’amour

Des mots d’amour dans mon placard
Qui s’habillent toujours en retard,
L’heure est passée, maintenant tu pars,
Ils ont raté notre rencart.
Je voulais qu’ils soient les mieux sapés
Alors j’osais jamais me lancer.
Mais à vouloir faire de mon mieux,
Je n’ai rien dit, ça c’est curieux.
Je me suis tu sous tes regards,
Comme perdu sur le quai d’une gare,
Où l’annonceur au microphone
Est un muet, un mec aphone.
Pourtant, je t’aime, ça brûle dedans,
Mais ça se coince derrière mes dents,
Et mes prunelles peuvent crier,
Ma bouche est vide et te laisse filer.

T’es un muet de l’amour
Qui croit que le monde est sourd,
Le son s’éteint sur ce que tu penses,
Tes sentiments vivent en silence.
Et y a qu’un stylo qui te libère
Et empêche ton coeur de se taire,
Alors t’écris ces mots d’amour
Dans cette lettre comme seul recourt.

Je veux plus rester si loin de toi,
Je veux que tu reviennes sous notre toit.
Je te jure que je ferais des efforts,
Mon ange reviens, je t’aime si fort.
J’irais même voir un psychologue,
Des professeurs dans le dialogue,
Je regarderais des mélodrames,
Et comment dire qu’on aime sa femme.
Je veux plus te laisser dans le doute,
Je veux te parler et que tu m’écoutes,
Te dire que je t’aime à chaque instant
Pour plus que tu crois que je suis distant,
Te le susurrer sur l’oreiller,
Comme ça, pour rien, sur le canapé,
Te le crier fort en soirée
Même si mes potes vont se marrer.

T’es un muet de l’amour
Qui croit que le monde est sourd,
Le son s’éteint sur ce que tu penses,
Tes sentiments vivent en silence.
Y a qu’un stylo qui te libère
Et empêche ton cour de se taire,
Alors t’écris ces mots d’amour
Dans cette lettre comme seul recourt.

Ca y est, je crois que je suis guéri,
En plus tu es revenue ma chérie.
Je vis le bonheur le plus complet
Et te dis tout le temps que tu me plais.
Dix milles « je t’aime » à la seconde,
Je suis le plus expressif de ce monde.
Je t’aime quand tu fais la vaisselle,
Je t’aime quand tu te rase les aisselles
Je t’aime même quand tu fais la gueule,
Je t’aime quand tu veux être seule.
J’ai changé, tu devrais être contente,
Alors pourquoi t’es si distante ?
Et tu me quittes encore une fois,
Overdose de mots venant de moi.
Trop de « je t’aime » tuent le désir,
Reviens je me tais à l’avenir.

T’es un muet de l’amour
Qui croit que le monde est sourd,
Le son s’éteint sur ce que tu penses,
Tes sentiments vivent en silence.
Y a qu’un stylo qui te libère
Et empêche ton cour de se taire,
Alors t’écris ces mots d’amour
Dans cette lettre comme seul recourt.

Grany

Y a un miroir à l’âme usée,
Comme une pièce de musée
Qui trône sous sa couche de patine,
Sur le mur près de la cuisine.
Il s’y reflète des cheveux blancs,
Un visage usé par le temps,
Et la vieillesse qui se dessine
Au fond des rides assassines.
Elle en a connu des années,
Sur les plis de sa peau tannée,
Elle en a connu des histoires
Qui vivent encore dans sa mémoire.
Son corps est vieux et ça se voit,
Elle a du mal à se tenir droit,
Mais sa jeunesse est éternelle
Et brille encore dans ses prunelles.

Et le temps file sur nos montres,
C’est comme ça, on peut rien contre,
On a beau faire de notre mieux,
Un jour nos corps deviendront vieux.
Son tempo tape sur nos heures,
Mais la jeunesse dans le cœur
Ne subit pas l’assaut du temps,
On peut être jeune même à cent ans.

Elle prend sa canne et va marcher,
Faire un petit tour sur le marché.
Elle parle avec les commerçants,
Leur sort une blague de temps en temps.
Elle aime la vie et ça se sent,
Même si elle ne compte plus les ans,
Elle l’aime et elle la revendique
Dans une passion presque érotique.
Et quand elle sort elle se maquille,
Même pour un diner de famille,
Elle se fait belle, tout simplement,
Tout en riant des princes charmants.
Elle se prend rarement au sérieux,
Et plaisante même sur les vieux,
Sur tous ces gens qu’ont oubliés
De se foutre un peu du sablier.

Et le temps file sur nos montres,
C’est comme ça, on peut rien contre,
On a beau faire de notre mieux,
Un jour nos corps deviendront vieux.
Son tempo tape sur nos heures,
Mais la jeunesse dans nos cœurs
Ne subit pas l’assaut du temps,
On peut être jeune même à cent ans.

Rencontre au café

T’étais dans un café avec des potes, à boire de la seize
Quand elle est entrée, cherchant du regard une place assise.
Comme t’as tendance à être un gentleman, en toute franchise,
Tu ne pouvais pas la laisser au bar, accoudée sans chaise.

Tu as donc laissé ta place et son parfum, comme une brise,
A soufflé sur ton coeur et en a raviver les braises.
Tu te penches à son oreille, comme la tour de Pise,
Pour lui parler en séducteur, d’une voie qui apaise.

T’as refoulé ton désir impatient pour que tes mots visent
A la charmer sans dévoiler des pensées trop mauvaises.
Tu pensais pouvoir te maitriser pour la leurrer à l’aise,
Duper une femme est difficile, tu le réalises.

Ton appétit d’elle dessine, dans tes yeux, sa frise
Qui colore tes joues d’un reflet teinté de rouge fraise.
Plus tu la regardes, plus ton esprit est confus et s’enlise
En pensées de toi la prenant sur ton lit sans alaise.

Son corps, dans l’océan de tes yeux, est comme une balise,
Mais t’es détourné d’elle par l’arrivée d’un mec balèze.
Un calcul rapide, il est seul et vous êtes treize,
Si on s’y met tous, il y a peut-être une chance qu’on le maitrise.

Il s’approche et l’embrasse en lui disant : « On se tire, ma Lise ! »
Tu vois son embarras, alors pour cacher son malaise,
Tu te penches vers elle comme un ami, et lui dépose deux bises,
Et retournes te noyer dans ta bière, ce soir, c’est lui qui la baise !

Macad’âme

Une femme au corps à demi nu
A la fenêtre, dans cette rue,
Je la regarde et puis alors,
Mes yeux se posent sur son corps
Comme un soleil au mois de juin
Dont la chaleur est trop loin.
Elle se retourne, me dévisage,
Me prend-elle pour un mirage?
Pourtant je suis là, face à ses yeux,
Pourquoi a-t-elle ce regard curieux,
Elle me connait depuis longtemps,
Depuis qu’elle a dix huit ans.
Elle a vécu à mes côtés,
Pendant de nombreuses années,
A t’elle perdue la mémoire,
Ce qu’il reste de notre histoire?
Ça fait qu’un an que je suis parti,
L’accident, mon amnésie,
Des souvenirs à sa recherche,
Emprisonnés dans une brèche.
Un an que j’erre dans cette rue,
Un an, déjà j’y croyais plus.
Et je la retrouve enfin,
Voilà le tunnel qui prend fin.
Ah, quel bonheur de voir sa femme,
Ça met le coeur au fond de l’âme
On se sent mieux, à nouveau un homme,
Après un an, comme un fantôme.

Et les fantômes du macadam
A la recherche de leurs âmes,
Vivent et se perdent dans les rues,
A la recherche de leur salut.
Serait-ce un jeu, aux mains de Dieu,
Un échiquier tombé des cieux,
Pour assouvir tous nos échecs,
Et qu’on ne s’envole plus avec.

C’est le matin, y a du soleil,
Et ça me tire de mon sommeil,
Tous les nuages ont disparu,
Et de ma fenêtre je vois la rue.
Y a des passants en chemisettes,
Lunettes noires et des casquettes
Et puis y a cet homme bizarre
Qui ne bouge pas sur le trottoir.
Il me regarde j’en suis certaine,
Et moi je le reconnais sans peine.
Mes doigts glissent sur leurs appuis,
Et d’un coup la chaleur me fuit,
Pas possible que ce soit lui,
Ça fera un an aujourd’hui.
Mon coeur se brise la peur me prend,
Impossible qu’il soit vivant
D’ailleurs personne ne le voit
Il est revenu juste pour moi.
Je me souviens de ce coup de fil,
L’hôpital, tout qui défile,
« On a tout fait mais désolé,
Votre mari est décédé »
Les pompes funèbres et le cimetière,
Mes larmes qui coulent sur la pierre,
Et la tristesse d’une veuve,
Qui courbe l’échine sous cette épreuve,
Qui, y a un an, s’est suicidée
Avec l’espoir de le retrouver.

Et les fantômes du macadam
A la recherche de leurs âmes,
Vivent et se perdent dans les rues,
A la recherche de leur salut.
Serait-ce un jeu, aux mains de Dieu,
Un échiquier tombé des cieux,
Pour assouvir tous nos échecs,
Et qu’on ne s’envole plus avec.

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Des anges et des hommes de Aelle est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 4.0 International. Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à Contacter Cod Kinay.