Oui, il faut que l’on s’aime, c’est ce qui me vient à l’esprit tellement souvent quand je regarde tout autour de moi, au proche comme au loin…

Il faut que l’on s’aime,
Que l’on s’aide quand on saigne,
Sans qu’on cède sous les beignes
Qui règnent sur la corde raide !

Il faut que l’on sème
Les graines saines qui entrainent l’entraide.
Qu’elles prennent dans nos plaines trop pleines de flegme,
En remède au « tout pour soi-même ».

Il faut qu’on se donne les moyens
De fleurir nos quotidiens
Le tien, le mien et puis le sien,
Tous citoyens Homo Sapiens,
Qu’on soit le point… Et puis le lien !

Il faut que l’on sorte enfin de nos carcans
Que l’on porte, à l’ailleurs, nos regards,
Qu’on délaisse nos laisses d’égo car quand
La détresse plane et frappe quelque part,
Il y a avec elle de l’effet papillon
Qui bat des ailes dans le sel de son sillon !

Alors éparpillons le fruit de nos pensées
Au-delà des fossés de nos champs d’orgueil,
Qu’elles puissent pousser en tiges élancées
Sur les vestiges fauchés de celles que l’or cueille !

Car on a beau trouver sensé d’essayer de se classer
De se mettre des repères à l’inventaire de nos critères,
Au fond, on vient tous d’un même passé, d’un seul point placé
Sur la frise chronologique à l’échelle de notre Terre !

Nous sommes la somme issue de la graine
D’où germa notre arbre généalogique,
L’arbre de l’humain sans pot sociologique.
Et quand une branche s’y gangrène,
Parce qu’un mal la dévore
C’est l’arbre entier qui risque la mort,
S’il oublie de la soigner.
La nature peut en témoigner…

Alors, il faut que l’on s’aime,
Du sol à la cime, et sans « si » que l’on s’aide,
Que l’on sauve à la sève nos branches blêmes,
Qu’on s’y décide avant qu’elles ne décèdent.

Avant que le tronc commun,
Le socle des siècles qui porte et nourri
Le cœur et l’esprit de l’humain
Ne soit plus que bois pourri ;
Plus qu’une souche sèche
Aux feuilles blanches qui tombent
Dans la bouche rêche
Et béante
Des tombes
Géantes !

J’ai honte parfois
Et tout ça me déçoit quand je vois
Que l’on ne pense souvent qu’à soi.
Pas toi ?

Alors, il faut que l’on s’aime
Sans autres consignes…

Voilà les mots que l’on sème,
Les poèmes qu’on signe !

 Cod Kinay – le 11/02/2015

Arbre-humain

Pour illustrer ce slam, j’ai aimé cette photo de A.APOLY BAL © Green Day – Wake Me Up When September Ends

 

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