En ce jour d’Épiphanie, je me devais d’un petit texte sur cette bonne vieille tradition de la galette des rois ! ^^ C’est chose faite, et ça m’a mis un bon gros sourire à l’écriture… En espérant que ça te fera de même à sa lecture. 🙂

Vive le six janvier et son épiphanie
Qui lance le mois de toxicomanie
A la bonne vieille galette des rois
Qui peut te faire perdre ton sang-froid.

Car tu la connais bien cette galette,
Si légère après l’orgie des fêtes,
Ce petit disque tout plein de gras
Qui passe tout seul en fin de repas,
Comme une bonne brique lubrifiée
Accompagnée de quelques sucriers.
Le compact de la galette maison
Que tu mâches à n’en plus finir
Tout en devant garder le sourire,
Et articuler un « hummchhh ché bon! »

Et pour la joie de ton petit foie,
Tu n’en mangeras pas qu’une fois.
Non, non ! La galette des rois,
Tu vas forcément y avoir droit
A chaque fois que tu vois tes amis,
Tes parents, ton frère ou ta mamie.

Et en parlant de mémé,
Qui ne la regarderait pas volontiers,
Sucer sa fève bien aimée
A pleine langue et plein dentier ?

Ah, la grosse fève bien dure
Qui se glisse à l’improviste
Sous le franc de ta morsure,
Et procure à ton dentiste
Le plaisir de t’entendre au téléphone et
De te souhaiter la « bonne année » !
Mais oui, tu sais, la fève si pratique,
Quand tu dois couper la galette
En « neuf parts, non, attends, sept,
Et s’il te plait, toutes identiques »

Et pendant que tu te bats au couteau,
On aura remplacé ton verre d’eau
Par un de ces mousseux trop acide
Qui, à coup sûr, te brûlera le bide !

Tu dois avoir ce souvenir d’enfant
De cette tradition tellement confortable
Qui t’offre le rôle, des plus glorifiant,
De te contorsionner sous la table,
Le nez dans les pieds de ton paternel
Qui fleurent bon la vieille quenelle,
Pour donner les noms au hasard
Et répartir, sans triche, chaque part,
En évitant de dire « le monsieur qui sent pas bon »
Pour un ami de tes parents dont tu as zappé le nom.
Et puis, ne jamais avoir la fève, c’est chiant
Comme de n’être jamais choisi reine ou roi,
De rester là, boudeur, en mâchouillant
Le dernier bout de croûte, sec et tout froid !

Mais enfin, un jour, tu la trouves dans ta part
Sans même t’être niqué une dent !
Alors, tu portes la couronne, tout content,
Jusqu’à ressentir le poids des regards,
Et là, d’un coup, tu réalises
L’ampleur de ta méprise.
Car avoir la fève c’est juste une galère
Pour choisir à qui tu donnes
Le privilège de l’autre couronne
Sans vexer, tous ceux qui l’espèrent.
C’est top de choisir entre les enfants
Qui t’implorent parce qu’ils la veulent
Tout en sachant pertinemment
Qu’on finira juste par te faire la gueule !

Alors c’est sûrement très bête
Mais moi j’aime bien ces galettes
Qui permettent aux boulangers
De pouvoir un peu se venger,
Qui relance l’économie dentaire,
Celle du citrate de Bétaïne, du Gaviscon,
Qui nous nous démontrent le très con
De certaines traditions séculaires.

Oui, j’aime bien ces galettes des rois
Qui me font rire à chaque fois !

COD KINAY – le 06/01/2015

galette sous la table               galette fève
Pour illustrer ce slam, ces dessins m’ont fait sourire

 

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