Côté pile on se fait beau, mais on a tous cette face sombre qu’on efface souvent par pudeur, par honte, par peur du jugement, où je ne sais quelle autre raison. Et ça nous bouffe, en silence, de l’intérieur comme un ver qui ronge une pomme…

Alors, bienvenue dans la face sombre de mon slam, où les vers rongent le fruit de ma plume….

 

Côté obscur
Et face sombre,
Quand on marche sous le soleil,
On a tous sous les chaussures
Une trace d’ombre
Qui s’accroche à nos orteils.
Et à quoi bon essayer de la cacher,
De toute façon, on ne peut pas se l’arracher.
Alors, pour ne pas
Y engluer mes pas,
Et tenter de lutter contre,
Je l’assume à la plume, et je la montre !

Donc, si la vie est une putain,
Donne m’en une vérolée,
Que je la baise tous les matins
Sans pour autant m’en affoler.
Tout ce que tu trouves trop laid
Et qui te fait te sentir sale,
Crache-le, que je puisse l’avaler.
Le trash, je le digère pas mal !

Allé, vide ton sac, et craque tes poches,
Crache donc ce tordu et ce moche
Qui pue et amoche
Les vertus de ta caboche.
Donne-moi tes tics
Et tes tocs, ce qui pique,
Et puis te choque.
Mais surtout, garde ton froc,
Tes breloques, ton fric,
Et l’esthétique dont je me moque
Car tout le stock de pire,
Que tu évoques, je te le troque
À la réciproque d’un sourire !

Et, tu sais, ces odeurs de soufre
Dont ta conscience souffre,
Je les trouve charnelles
Et les préfère à du Chanel.
Et sache, que j’emmerde méchamment
Tous ces faux princes charmants,
Ces « Don Juan » du macadam
Qui en jouant les mecs à dames
S’altèrent pour une altesse
A l’hypocrite des princesses.
Oui, j’emmerde l’amour bien comme il faut
Des gros mytho, purs et sans défauts !

Alors, vas-y, embrasse-moi,
Crapote moi la bite et les doigts
Aussi vite et autant que tu le veux.
Ça ne changera rien et malgré ton  vœux,
Comprend bien que je garderais mes oripeaux
Et en dessous ma peau de crapaud !

C’est pour ça que même
Si ça te hérisse l’épiderme,
Que tu préfères que je la ferme,
Je te dirais que je n’aime
Ni les parures ni les paraitres,
Mais parie sur les parias
Car dans l’ombre je vois naitre
La beauté des acacias !

Et n’attends pas d’excuses qui fusent,
Même si j’abuse, car je refuse
De me laisser formater
Aux saveurs des goûts forts matés
Par le commerce des cadavres surgelés.
Non… Le goût de la controverse, j’aime quand je l’ai !
Et tous ces bouts de bêtes qu’on fane,
Qu’on scelle en barquettes à la cellophane,
J’affirme que je les trouve bien plus froid
Que les clous rouillés plantés à nos croix !

Alors vas-y,  pèle moi la vie avec les doigts,
Comme on écorche une orange sanguine.
Enfonces-y à l’envie les crocs de ta voix
Comme tu planterais un bouquet d’épines
Dans sa chaire pulpeuse et palpitante,
Juteuse et si loin de pâles pitances.
Dévore la vie au zèle de ta morsure,
Jusqu’à crever le fiel de sa face obscur,
Et ressentir le piment de ce goût amer
Qui te secoue l’âme de tout son art
Pareil à la claque de ta mère
Qui te tire d’un cauchemar
Où tout est lisse et tout est blanc,
A l’esquisse des faux semblants !

Côtés obscurs
Et faces sombres,
Sous le soleil, plus de censure,
Et faire la paix avec nos ombres !

COD KINAY – le 09/04/15

 

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Pour illustrer ce slam, j’ai trouvé ce tableau digital d’Arbinagales plutôt bien adapté.

 

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