Le chocolat est une des denrées les plus consommées au monde, notamment en Europe. L’Afrique de l’Ouest détient 70% de la production mondiale, ce qui en fait le premier producteur et exportateur de cacao.

Ce reportage boomerang hyper bien fait et intéressant sur « Le côté obscur » de la barre chocolatée nous entraîne sur les traces des productions de cacao, étayée par le second reportage sur la face cachée du chocolat, et met en lumière ce que nos barres chocolatées contiennent en plus. C’est édifiant, bien qu’affligeant !

 

Réalisation: Diego Buñuel (Canal +)
Pays: France
Année: 2014

« Boomerang – Le côté obscur de la barre chocolatée » est un documentaire de 90′ qui propose une plongée dans les coulisses de l’industrie agro-alimentaire qui alimente nos supermarchés, à travers trois ingrédients incontournables de nos barres chocolatées : le cacao, l’huile de palme et le soja.

Avec le cacao, Grégoire Deniau nous emmène en Côte d’Ivoire qui produit 40% des fèves consommées dans le Monde. Il va à la rencontre des exploitants mis sous pression par les 5 géants de l’agroalimentaire qui fabriquent à eux seuls plus de la moitié de nos friandises chocolatées ! Grégoire nous montre les conditions effroyables dans ces exploitations, et notamment le travail des enfants esclaves qui n’ont jamais vu le moindre carré de chocolat.

Avec l’huile de palme, Guillaume Pitron s’envole pour l’Indonésie, premier producteur et exportateur mondial de ce que l’on nomme là bas « l’or rouge ». Cette matière grasse végétale est la moins chère et la plus vendue au monde. Depuis qu’en 2000 la Commission Européenne a autorisé l’utilisation de graisses moins chères que le beurre de cacao, elle s’est incrustée dans vos barres chocolatées. En Indonésie, l’exploitation de palmiers à huile sur des milliers d’hectares a largement participé à la destruction d’un tiers de la forêt du pays, deuxième poumon de notre planète après l’Amazonie. Et cela, en 20 ans seulement !

Avec le soja, Hugo Van Offel nous embarque pour le Brésil. En 10 ans, le pays est devenu le premier producteur de cette protéine la moins chère au Monde, qui se cache dans bon nombre de nos aliments industriels et notamment dans nos barres chocolatées. On l’y retrouve sous forme de lécithine, un émulsifiant et conservateur, ou encore d’huile, et même à travers le lait fourni par nos vaches qu’on alimente avec. Hugo se rend dans la région amazonienne où les populations sont déplacées et les terres spoliées aux indigènes pour faire place nette à la culture du haricot magique. Une culture ultra-intensive, OGM et mécanisée qui ne crée pas d’emploi mais ruine les sols, pollue l’eau et détruit la santé de ceux qui sont contraints que la côtoyer.

Diego Buñuel, à la réalisation de ce documentaire, est allé, de son côté, à la rencontre de celles et ceux qui réfléchissent à d’autres manières de produire et de consommer : en Allemagne où sont fabriquées des barres de chocolat vraiment équitables, en Norvège où les industriels ont réduit de 2/3 l’utilisation d’huile de palme dans leurs formulations, en seulement un an, et enfin à Paris où deux jeunes blogueuses tentent de révolutionner notre façon d’assouvir notre gourmandise.

 

Au delà de ce reportage, l’exploitation du cacao utilisant des enfants esclaves, peut-être approfondis en regardant le documentaire ARTE ci-dessous: La Face Cachée du Chocolat

Dans ce documentaire, le journaliste d’investigation Miki Mistrati est parti en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, et au Mali. Des représentants de la filière jusqu’aux responsables ivoiriens haut placés, tous nient l’existence d’agissements illégaux. Pourtant, les images d’enfants filmés en caméra cachée, ainsi que le témoignage d’un membre d’Interpol qui s’est attaqué à ces trafics, confirment qu’il s’agit là d’un fléau de grande envergure. 

Dans ces conditions de production du chocolat et des barres chocolatées, prendrons-nous toujours autant de plaisir à en déguster ? La question est ouverte car qui consomme consciemment sans mots dire consent silencieusement à ce système….

Si vous souhaitez faire des liens et compléter les infos liées à l’agroalimentaire, je vous conseille de regarder le documentaire « Vers un crash alimentaire ».