Aujourd’hui, en fin d’une longue journée de taf, et en recherche d’inspiration, j’ai posé cette question:

« Quel est le premier mot qui te vient à l’esprit ? »

La réponse fut rapide: « fatigue ! »

Ce qui tombait plutôt bien car je me trouvais exactement dans ce même état. ^^

Et du coup, ça a donné ce slam dans la foulée…

On ne la connaît que trop bien
Quand elle nous picote les yeux,
Quand elle nous rappelle combien
Chaque mouvement est fastidieux.
C’est comme un étrange blizzard,
Du coton formant un rempart
Qui nous entoure de toute part
Et rend le monde un peu bizarre.
Ca fait plus d’une fois qu’elle nous drague
La mère étrange des traits tirés,
Qu’elle nous allonge dans ses vagues
Jusqu’à nous y faire chavirer.
Y a ses spirales au quotidien
Qui envahissent nos sentiments
Sans qu’on connaisse le moyen
De mettre en pause leur tournoiement.

Oh oui, on se sent fatigué !
Incapable de l’endiguer !

Quand j’y pense, j’ai l’impression
Que l’homme moderne la cultive
Entre travail sous pression
Et récréation compulsive.
Pour ne pas perdre son emploi
Ou faire ses preuves de précaire,
On se charge de trop de poids.
Et si le salaire nous déçoit
On fait des heures supplémentaires.

Le jour, on bosse d’arrache-pied
Et quand on est enfin chez soi,
Il faut trier nos p’tits papiers,
Gérer les devoirs des gamins,
Et le ménage d’un tour de main.
Il faut ranger les inutiles
Qu’on nous entraine à posséder
Repas, ménage et le temps file
Sur nos horaires excédés.

Quand, enfin, on a terminé,
S’ouvre à nous le temps des loisirs,
Jeux vidéo, resto, ciné,
Télé, web, la soirée s’étire.
Voir des potes, boire un verre, deux, trois,
Sport, livre, baiser une ou deux fois…

Et pour essayer de dormir ?

Attends, on verra ça plus tard,
J’ai plein de trucs en ligne de mire
Pour lesquels je suis en retard.

Tout ça explique un peu pourquoi
On a tendance à l’insomnie
Mais, au fond, c’est surtout par choix
Qu’on se greffe cette manie
De s’accrocher à la lumière
Malgré l’appel de nos paupières.

La preuve est que j’écris ce slam,
Et qu’il est presque une heure du tam,
Que demain, au son du réveil,
Je sais que je serais crevé,
Que je troque mes heures de sommeil
Par choix, pour pouvoir l’achever.

Sur ce, je tire le rideau
Fatigué, je file au dodo !

COD KINAY – le 28-01-2015

illustration de la fatigue

Pour illustrer ce slam, j’ai aimé cette photographie d’Usra ElMadhoun

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