Bien sûr que mes textes ne sentent pas la rose,

Mais ils cherchent à découvrir le pot aux roses.

Et, rien à foutre qu’on m’envoie sur les roses,

Parce qu’on préfère les fables à l’eau de rose,

Moi, je slame au nom des champs de roses…

Je ne sais pas combien de temps
Je vais encore pouvoir tenir
Gris, dans ce monde qui pourtant
Fleurie des roses à l’avenir.
Car ça devient si dur, parfois,
De voir comme on se fait mal
Sans trop vraiment savoir pourquoi,
Par habitude presque banale.

Et je sais que tu les ressens
Ces jours de sel au bord des yeux,
Ces heures vaines au goût de sang,
Et, aux épaules, le poids des cieux.
On n’arrive plus à se faire du bien
Alors on tient tant bien que mal
Quand l’amour part, et c’est normal,
On ne fait rien pour tisser ses liens.

Pourtant, il y a des champs de roses
Dans les déserts du quotidien,
Mais dis-moi qui les arrose
Qui les fauche et les vend, combien ?
Combien de peurs dans nos placards
Les portes ouvertes sur nos vies,
Au saut du lit, tant de cauchemars,
Et puis nos rêves qui dévient.

On verra bien, ce que ça donne,
Si j’ai la force d’aller voir
Ou si j’attends et me bâillonne
Les yeux, la bouche, d’un au-revoir.
Si j’ai la force de m’engager,
Ce que mes jambes peuvent porter
Comme poids lourds à supporter,
De champs de roses saccagés.

Toi aussi, je sais, je vois tes larmes
Manger ton âme sous le masque,
J’entends tes cris, j’entends l’alarme
De ton esprit pris dans le casque.
On est pareil dans le silence,
Parce qu’on n’assume pas vraiment
Les trous qu’on a dans la conscience,
Des laisser-faire impunément.

On est bien là, mais sans le cran,
Face au réel de nos écrans
Où tant d’enfants meurent de faim,
Misère, et vies qui prennent fin.
Parce qu’on aime s’offrir des roses
Qui déjà mortes chez le fleuriste
Sont à l’image de nos causes
Qui ont choisi la vie d’autiste.

On se formate pour rester
De marbre lisse et cœur de pierre,
A ne plus faire que détester
L’instinct coincé dans des œillères.
Je ne sais pas si je pourrais
Traverser tous ces cimetières,
Et quand bien même si je courrais
Les yeux fermés, ma vie entière.

Alors je fais ce que je peux,
Même si je ne fais pas grand-chose,
J’essaie de me dire qu’un petit peu
C’est une goutte pour les roses.
Et que la pluie, ça se compose
De chaque goutte que l’on ose,
Qu’à petits pas, c’est mieux que rien,
Que là j’avance, qu’on verra bien.

COD KINAY – le 24/01/2015

Banksy always hope

Pour illustrer ce slam, j’ai aimé ce graffiti de Banksy

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