Je voulais te faire aborder les cités et les banlieues, à travers le regard d’un de mes slams.

Je n’ai pas envie de te faire une intro à rallonge, mais préfère te laisser plonger dans ce slam, qui suis une trame rythmique très proche du rap. Une sorte de « hip slam hop », en fait ! 😉 Bonne plongée en eaux troubles….

 

Entre le slam et le « pera »
C’est comme pour le street art et le graf’,
Les multiformes d’un même staff.
Alors advienne ce que pourra,
Quand je mixe les formats
Pour parler des traumas
Qui matraquent les banlieues
Où on t’entasse sans travail,
Pendant que dans les haut-lieux
Ca brasse plein de maille.

Pourtant dans les ruelles,
Peu de salaires à la Cassel,
Mais les galères à la CAF, elles,
Laissent des séquelles.
Et pas, non plus, d’odeur de cannelle,
Car ici les gars mêlent
Du gazon à leurs Camel.
Vendent pour remplir leurs gamelles,
Pour sortir les gazelles.
Mais ça brise des tas d’ailes,
En bas des citadelles,
Et ça, non, ça ne fait pas de gars zen !

Alors, ça se fracasse
Et pète des « zens »,
Mais quand les freins cassent
Ce sont les schlass
Et les chromes qui se prennent !

Logique, aussi, la guerre des nerfs,
Que ça dégénère
Et parte en couille,
Quand le politique rouille
Et s’en fout plein les fouilles.
Quand il choisit la trique et la trouille,
Lâchant les flics en patrouille
Au lieu d’offrir un avenir qui fasse envie,
Et pas juste la survie avec un SMIC à vie !

    Alors, ça sent le soufre dans les cités,
    A la télé,
    On voit la jeunesse s’exciter,
    Excédée
    De ne pouvoir accéder
    Qu’aux ASSEDIC
    Qu’on veut bien lui concéder,
    Et je reste sceptique
    Sur ce qu’on fait pour s’entraider !

Car c’est vrai,
Dans le concret,
Il y a trop de misère aux pieds des tours
Et pas question
D’attendre son tour,
Quand il s’avère n’être qu’illusion.

Alors, ça tire sur la tise,
Mise sur quelques coups,
Ouai, ça vire dans le « byz »,
Et ça se termine au trou !
Mais, peu importe que le passé fut dur
Quand derrière la porte, c’est juste un « no futur » ;
Ouai, normal le craquage aux cages du paraitre
Quand on peut gratter dans la marge mais pas être !
Étrangement, on laisse faire,
Puis on passe la laisse des fers
Et on enferme
Pour des ans fermes,
Parce que la vie des gens,
Ça vaut moins que de l’argent !

J’en ai, pourtant, des solutions,
Mais va convaincre des actionnaires
Qui ont pour seule mission
De gratter les chiffres d’affaires !
Alors, un peu d’enfer
En bas des bâtiments
C’est pas grave, ça ne peut faire
Qu’une tâche de sang sur le ciment,
A nettoyer d’un coup de karcher
Sans que ça ne leur coûte trop cher !

    Alors, ça sent le soufre dans les cités,
    A la télé,
    On voit la jeunesse s’exciter,
    Excédée
    De ne pouvoir accéder
    Qu’aux ASSEDIC
    Qu’on veut bien lui concéder,
    Et je reste sceptique
    Sur ce qu’on fait pour s’entraider !

En fait, je pourrais user ma salive
A parler de ces dérives
Jusqu’à remplir,
Le trou de la Sécu.
Mais tout ce que j’ai à dire
En guise de conclu,
C’est qu’au fond, sur chaque rive,
Il y a trop de gens qui vivent
En étant convaincus,
Que c’est bien de ne penser qu’à son cul !

COD KINAY – le 23/04/2015

 

photo-cité-HLM-courneuve-slam

Pour illustrer ce slam, j’ai choisi cette photo prise à la cité des 4000 de la Courneuve.

 

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