Ne pas perdre le fil quand tout défile si vite…

Ne pas en garder qu’un, mais en natter mille pour en faire le canevas de mes slams et l’offrir en support aux aiguilles de la réflexion…

C’est un peu ça que j’essaye de faire : La couture des mots dans la pelote du monde…

 

Il faut qu’on brise les tabous
En mettant bout à bout
Ces morceaux de nous.
Que d’un coup, les trous
Qu’il y avait entre eux
Ne soient plus des creux
Mais forment le tout
D’un fil logique
Aux pouvoirs magiques.

Le pouvoir de repriser
Le tissu social
Aux surjets de matière grise et
Des pointes sentimentales.

Alors, je travaille mes mots
Comme on file la laine,
Ouai, je brode au stylo
Jusqu’à perdre haleine.

Couturière clandestine
A trois sous dans les caves,
Mon âme n’aime ni la machine
Ni la mode des patrons qui se gavent,
En bouffant de la maille,
Dans les ourlets qu’ils se taillent !

Non, elle préfère tricoter les vers,
De la fibre des cœurs ouverts
Aux pelotes de nerfs.
Bref, de toutes les couleurs !
Oui, elle couds à coups de vers
Comme on plante un clou dans le verre;
Elle couds des étoffes pour l’hiver,
Double l’endroit de pans d’envers.
Et pour le faire,
Mon âme couturière
Tisse comme une folle
les liens entre les points
De cette étrange étole
Aux soies même de l’humain.
Ce fil rouge tressé
De voix, de pensées,
Et teinté d’hémoglobine.
Un peu de l’un qui se combine
Aux autres brins qui l’avoisinent.
Et rien à voir avec le fil qui, en bobine,
Se calibre et s’aligne en sortie d’usine !

Alors, elle touche aux tissus de mensonges
Pour mettre à jour leurs accrocs,
Puis les rapièce à la trame des songes,
Comme on recolle du velcro.

Elle soulève le voile sombre des normes
Pour trouver le subtile sous l’énorme,
Comme on cherche des aiguilles
Dans une botte de foin,
Au fil d’Ariane qui brille
Là où l’on y voit le moins.

Et quand mon âme se muni
De son fuseau d’étoiles,
Elle se met à tisser des toiles
Qu’elle teinte à l’uni
En évitant le monochrome
Par jeux de dégradés
Et de fondus jusqu’à l’atome
A force de les torsader.

C’est comme ça, que je travaille mon slam,
Dans les trouvailles des fibres à métisser,
Pour lui donner le velours de l’âme
Et en faire un métier à tisser !

COD KINAY – le 04/04/2015

 

pelote-terre-slam-couture

Pour illustrer ce slam, cette image me semblait vraiment pas mal. ^^

 

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