Je me demande si ce texte, en allégorie sur l’ascenseur social, ne m’a pas été inspiré par mon frérot de cœur, qui bosse dans la maintenance des ascenseur, suite à une de nos longues discussions. Tu sais, ces discussions de fin de soirée ou tu refais le monde, le cerveau un peu embrumé mais la langue déliée de ses contraintes de bien-séance habituelle.

Et puis, en rapport avec sa grosse boîte de taf, je me suis peut-être dit qu’il faudrait arrêter de dé-koné avec et dans cet ascenseur social ! ^^

Peut-être que ce Slam vient de ça … ou pas ! Peu importe en fait ! Il est là, sous tes yeux ! Et c’est le plus important … 😉

 

OK !
OK !
Je voudrais savoir qui a bloqué ce putain d’ascenseur social
Après y avoir embarqué toute la masse salariale,
On peut même plus monter à pied,
Comme des cons dans cette scission,
Ouai, comme des pions sans ascension,
Coincés entre deux paliers !
Pallier! Pallier ! Faudrait pallier à cette panne,
Pas liée au crash flash du cash,
Mais au cache-cache
Qu’on en fait à nous profanes !
Mais nous, pas gros fan d’être enfermés, immobiles, un peu claustro,
A trop s’en faire
Dans cet enfer mais
Les mots filent,
Slam hémophile,
Du coup, je cause trop !

Des rimes aux proses et sans pauses,
J’exprime et expose les causes de nos psychoses,
Nos ecchymoses en overdose,
Et les séquelles
De nos traumas,
Jusqu’au coma
De nos perspectives réelles !

Des perspectives
Trop sélectives,
Pour nous confondre
Qui ne font que fondre sous nos foudres
Dans l’orage
De la rage
D’être en marge, en cage,
A s’écorcher comme des barges
Dans ces monte-charge décharges !
Sûr, qu’on va péter des plombs,
Des câbles,
Jusqu’à en perdre notre aplomb,
Instable,
Car le profit n’est pas fiction,
Mais sans partage,
Reste aux étages
Des beaux bureaux de direction !

Et pour nous direction le sous-sol,
Entassés mais tous bien seuls,
L’est à l’ouest sur nos boussoles,
Made in china sur nos linceuls !

Parce qu’en bas, ça pu comme dans une tombe,
Loin des cimes, sous terre, et les cabines qui tombent,
Décimées dans le cimetière de vos hécatombes,
Pire qu’une bombe !

Un boum compétitif !
Mais oui !
Faut faire ployer et dévalué les employés locaux !

Un zoom con et hâtif !
Mais oui !
Des loyers à délocaliser pour moins payer ses locaux !
Car la misère est souvent maintenue
Pour générer les plus hauts revenus…

Revenu dans la cabine, mon esprit est surpris et confus,
Qu’on fut si con pour laisser faire tout ça sans refus
Catégorique !
De nous voir là, las et sans cœur dans ces ascenseurs,
Des faux cons sans serres coincés dans leurs censures qui sentent la peur
Panique !

Nos peurs bien travaillées à l’œil et à l’oreille,
La hyène vagabonde
Qui traine dans les ondes
Pour effrayer le troupeau…
Du négatif en expo
Pour générer des moutons tout justes bons à faire pression sur des boutons
Hors-tension !

Attention !

Putain, je fais quoi là moi ?!
Une hyène de plus dans le bois?!
Un cabot enragé qui aboie ?!
Alors quoi ?
Pourquoi je fais ça?
Là !

OK !
OK !
Fermer les yeux et penser mieux,
Fini les ascenseurs, c’est ça, j’en sors,
Ouai, curieux,
Curieux de gouter aux Açores…
Et que je vous cause trop mais que je pose les belles choses,
Une pause sur nos osmoses !
Allé,  j’ose !

Pour ça, il suffit de marcher dans les rues…
Je sais, ça fait déjà milles fois qu’on les as parcourues,
Mais y marcher ouverts, et lâcher nos repaires…
Regarde ! Tu viens de croiser le sourire qui brille,
D’une petite fille
Dans les bras de son père.

Un peu plus loin, viens, on n’a qu’à s’assoir sur un banc,
Comme ça, juste pour prendre un peu le temps,
Pour rien, juste parce que maintenant et ici…
Calme, on observe,
On rêve et on réfléchit…

Parfait ! Premier effet : la courbe du stress s’est infléchie,
Et puis, le reste suit…

Sommes-nous les seuls? Non !
On est des millions,
En France et ailleurs,
A rêver d’un monde meilleur !
Et regardes ceux qui s’y mettent à contribution
Par de petites ou grandes actions :
Humanitaires, écologiques,
Ramasser un papier par terre, ouvrir une école en Afrique,
Donner aux banques alimentaires, partager les cultures et les logiques,
Garder les paumes et les yeux ouverts, et puis forger son esprit critique !

Et nous, et nous, pourquoi on y participerait pas ?
Simplement, pas à pas,
Sans trop se stresser et se presser,
S’échauffer avant de se mettre à courir,
Mais le faire car à coup sûr, ça rassure et attire le sourire !

Sans rire, pourquoi on ne croirait pas en nous ?
Parce que les coups nous ont mis à genoux ?
Et alors ?!!
On peut encore se remettre debout,
Tant qu’on n’est pas morts, redresser le cou,
Et tresser les remords pour choper le bon bout.
L’excitation d’agir, le bambou !
L’envie de se dire que ça vaut toujours le coup,
Et puis marcher l’esprit ouvert pour aller peindre les feux en vert !

Vers où, ça j’en sais trop rien,
C’est flippant je sais, mais c’est ça qu’est bien,
L’illimité
Des possibilités !

Alors viens, cette fois on quitte leur système de merde,
Leurs routes droites à sens unique,
Viens, on va voyager à l’oblique
Pour ne plus jamais faire partie de ceux qui perdent
Leurs rêves, leur âme,
Leur cœur, leur flamme,
Et tellement de temps,
Toutes ces choses si importantes pourtant !

Allez, viens, il est l’heure pour toi et moi
D’aller briller comme des putains de soleil,
Dimanche, minuit, on veille et quoi?!
Non, on n’aura plus jamais sommeil !

COD KINAY – le 05/02/2015

 

illustration-slam-poesie-panne-ascenseur-social

Pour illustrer ce Slam sur l’ascenseur social, j’ai trouvé que cette photo d’ascenseur d’un hôpital pour enfants abandonné (Berlin) était pas mal.

 

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Dans l’ascenseur social de Cod Kinay est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 4.0 International. Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à Contacter Cod Kinay.