Ce n’est pas un nouveau slam, au sens temporel de son écriture. Non, c’est juste une espèce de trouvaille d’archéologue qui a fouillé parmi ces textes qu’on enfouit dans le fond d’un tiroir.

Juste un slam écrit comme une chanson. Comme une ode à l’espoir, des générations passées, de nous voir déterrer les merveilles qui sommeillent dans les oublis de leur histoire; plein de notre espoir de savoir qu’un archéologue d’un temps futur déterrera peut-être ces bouts de nous qu’on a enfoui au silence de nos rêves, au tombeau de nos utopies abandonnées…

 
 
Nos rêves de gosses figés dans l’ambre,
On les enterre pour un de ces jours,
Sous le lit, dans notre chambre,
Dans une boîte noire dans le séjour.
Archéologue d’un temps futur,
Faudra creuser loin des archives,
Dans les mémoires aux milles sutures,
Pleines des vestiges de nos missives.

Archéologue d’un temps futur,
Tous ces fossiles que tu détiens,
Je te préviens qu’ils sont fragiles,
Je le sais bien car tous les miens,
Se sont brisés comme de l’argile
Sur le marbre de leurs cœurs
Dans la froideur de leur monde,
A la clameur des marteau-piqueurs
Qui nous taillent au leurre des modes.

Archéologue d’un temps futur,
Faudra retrouver nos bouteilles,
Qu’on a trop jeté à la merde,
Dans les égouts de nos sommeils,
De nos dégoûts ou elles se perdent.
Et s’il ne reste que des tessons,
Avec un peu de sang dessus,
Tires en donc les leçons,
Et ne fermes pas les yeux, déçus.
 
 

Car au fond de nos cimetières, on a enfoui plus qu’un trésor,
Des « si » décimés d’hier qui valent plus qu’un pesant d’or,
Et autant de cimes en terre qu’on pourrait faire toucher le ciel
Au chant de nos hymnes en termes de retour à l’essentiel,

Car au fond de nos cimetières, sous les fautes du passés,
On a enfoui plus qu’un trésor et puis zappé d’y penser,
Et autant de signes en terre, hiéroglyphes de poussière
Au chant de nos hymnes éther qui n’attendent que ta lumière.

 
 
Archéologue d’un temps futur,
Toi mon enfant d’un autre siècle,
Faudra creuser sous nos ratures
Dans la parure des caricatures
Jusqu’à gratter le couvercle
Des langues de bois qu’on a greffé
Dans la grande gueule de l’utopie,
Puisqu’on a fait, tous, qu’agrafer,
Juste les mêmes photocopies.

Archéologue d’un temps futur,
Prend ta feuille de carbone
Pour y graffer le filigrane,
Car sous la trame parfois rayonnent
De pures esquisses libres de douanes.
Débusques les tant que tu peux,
Dans les non-dits de mon époque,
Nous on fouillait toujours trop peu.
Creuses la terre, brises le roc !

Archéologue d’un temps futur,
Y a des filons à l’infini,
Dans le sillon de nos lâchetés,
Tant de possibles indéfinis,
Qu’on a jeté pour mieux acheter.
Alors j’espère qu’entre tes mains,
Ils seront mieux que dans les nôtres,
Que t’en créeras un rêve commun,
Au moins un peu mieux que nous autres.
 
 

Car au fond de nos cimetières, on a enfoui plus qu’un trésor,
Des « si » décimés d’hier qui valent plus qu’un pesant d’or,
Et autant de cimes en terre qu’on pourrait faire toucher le ciel
Au chant de nos hymnes en termes de retour à l’essentiel,

Car au fond de nos cimetières, sous les fautes du passés,
On a enfoui plus qu’un trésor et puis zappé d’y penser,
Et autant de signes en terre, hiéroglyphes de poussière
Au chant de nos hymnes éther qui n’attendent que ta lumière.

 
 
Archéologue d’un temps futur,
Oui, toi, mon descendant,
Je te lègue mon écriture
Que tu lui donnes un ascendant,
Car de mon temps, plus rien ne dure,
Et encore moins l’indépendant,
Quand pour survivre on se censure
Entre murs que l’on murmure
Dans nos enclos gris de ciment.

Archéologue d’un temps futur,
Oui, je te vois sortir du rang,
Du trop-plein de fioriture.
Alors parfois je me rassure
En me disant que forcément,
Le temps rouvrira les blessures
Que l’on cachait bien au-dedans,
Jusqu’au bout de la fracture
Hémorragique du changement.

Archéologue d’un temps futur,
Je sais que l’héritage fut dur,
Plein de sang sur les mains
D’un peuple humain trop immature
Qui t’a tracé des chemins
Les yeux rivés sur ces chaussures.
Alors quoi qu’on veuille te faire croire
Faudra poursuivre ton forage
Dans les non-dits de notre histoire,
Et tous nos manques de courage.
 
 

Car au fond de nos cimetières, on a enfoui plus qu’un trésor,
Des « si » décimés d’hier qui valent plus qu’un pesant d’or,
Et autant de cimes en terre qu’on pourrait faire toucher le ciel
Au chant de nos hymnes en termes de retour à l’essentiel,

Car au fond de nos cimetières, sous les fautes du passés,
On a enfoui plus qu’un trésor et puis zappé d’y penser,
Et autant de signes en terre, hiéroglyphes de poussière
Au chant de nos hymnes éther qui n’attendent que ta lumière.

 
 
Nos rêves de gosse figés dans l’ambre,
On les enterre pour un de ces jours,
Des cristaux prisonniers dans l’ombre
Des bras qui tombent en contre-jour…

Archéologue d’un temps futur
J’espère qu’un jour allume hier…

Archéologue d’un temps futur
Je sais qu’un jour ta lumière….

 
COD KINAY – le 02/11/2015

 

illustration-slam-archeologue-temps-futur

Je me suis dis que cette image, trouvée sur Freaking News, illustrait plutôt bien ce slam.


 

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